Projet Anneau des sciences

cropped-couverture1-e14894030686172.jpg

Intervention de Gilbert-Luc Devinaz

Conseil de la métropole du 23 février 2015

Monsieur le Président, chers collègues,

Cette délibération est une étape supplémentaire pour la réalisation de l’Anneau des Sciences, un projet déterminant pour le développement de notre agglomération et de ses habitants. Cette étape s’inscrit dans la continuité du travail engagé par le Grand Lyon et l’ancien département du Rhône. Ce travail avait donné lieu à une large concertation, menée entre 2012 et 2013 par la commission consultative du débat public qui avait dégagé un scénario cohérent et demandé des études d’approfondissement.
Aujourd’hui, c’est bien grâce à l’avancée de ces dernières que nous espérons obtenir un subventionnement européen via le MIE. Cette délibération souligne aussi la volonté de diversification des recettes que la Métropole a engagées pour anticiper les baisses des dotations de l’Etat.

Le groupe « La Métropole autrement » est favorable à ce projet tant avec sa finalité qu’avec sa stratégie.
Sa finalité est de boucler le périphérique, le ring comme nous disions à l’époque du lancement de ce projet par Michel Noir en 1989. Guidés par l’intérêt général, nous avions soutenu cette idée. Aujourd’hui, l’Anneau des Sciences va au bout de cette logique.
Boucler le périphérique permet ainsi d’éloigner le trafic de transit du centre de l’agglomération tout en améliorant les connexions entre le centre et les villes périphériques. C’est à cette condition que nous pouvons à la fois soulager les centres villes des communes périphériques et assurer un développement efficace des différents modes, notamment les modes doux, au sein de l’agglomération. Plus largement, l’Anneau des Sciences vise un enjeu global de développement du territoire métropolitain en articulant la partie ouest de l’agglomération à son centre et en connectant les grands pôles de compétitivité et d’innovation du nord et du sud du territoire.

Nous sommes aussi favorables, je le disais, à la stratégie choisie. Cette stratégie est de lier la réalisation de l’Anneau des Sciences à la construction d’un contournement Ouest de Lyon. Préconisée en 2013 par le rapport Duron de la commission mobilité 21 du Ministère de l’écologie et du développement durable, cette stratégie est la seule à même de gommer les erreurs du passé. Car c’est bien l’enjeu de ce projet : gommer les erreurs du passé et notamment celle d’avoir fait passer l’autoroute en plein cœur de la ville de Lyon. Sans ce contournement Ouest, lui-même complémentaire à un contournement Est, pour partie par l’A432, le projet d’Anneau des Sciences ne conduirait qu’à une congestion supplémentaire du trafic. Lier contournement ouest et Anneau des Sciences, ce n’est pas vouloir enterrer le projet de bouclage du périphérique comme certains peuvent le dire. C’est au contraire défendre sa raison d’être.
Certes notre groupe entend l’argument du coût financier du contournement Ouest. Il est légitime dans le contexte de crise des finances publiques que nous connaissons. Et pourtant, il n’est pas nouveau. Il est même au cœur des décisions erronées d’alors.
Permettez-moi un rapide détour historique. Au début des années 60, l’Etat décida la construction de l’autoroute reliant Paris à Marseille. Le projet initial avait une approche globale incluant à Lyon le trafic de transit et le trafic local. C’est pourquoi, ce projet comportait deux tunnels routiers et deux contournements de l’agglomération, l’un à l’Est et l’autre à l’Ouest. Bien que ce dernier soit bien avancé, il fût jugé trop cher par l’Etat. Le Ministère des Ponts et Chaussées réussit ainsi à convaincre Louis Pradel que le trafic de transit devait passer provisoirement par les deux tunnels en attendant la réalisation prochaine du contournement Ouest. Un Louis Pradel d’autant plus facile à convaincre qu’il avait toujours voulu faire passer l’autoroute en plein cœur de Lyon et que l’Etat décidait de mettre dans la négociation le financement de 50% du coût du tunnel. Plus tard, c’est le projet de second tunnel qui fut sacrifié aboutissant à la création d’un seul tunnel sous Fourvière et à la situation de congestion que nous connaissons aujourd’hui. A la fin des années 70, et pour la même raison du coût financier, l’Etat décidait de rabattre l’A46 sur le CD 300, la future Rocade Est. Les communes de l’Est lyonnais mesurent chaque jour les inconvénients de cette décision.

Alors, aujourd’hui, ne commettons pas une nouvelle erreur.

Le groupe « La Métropole autrement » votera cette délibération.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s