Subventions aux associations sportives de la Métropole – année 2015

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Intervention de Gilbert-Luc Devinaz

Conseil de la métropole du 6 juillet 2015

Monsieur le Président, chers collègues,

Les cinq délibérations que nous allons voter dans quelques instants illustrent une question cruciale, celle du financement du sport professionnel en France. A l’heure où l’argent public se fait rare, à l’heure où les collectivités sont plus que jamais mises à contribution, le soutien public des clubs professionnels ne peut échapper aux questions sur son coût et sa pertinence.

Aujourd’hui, le monde du sport professionnel évolue très rapidement et le modèle traditionnel de soutien des collectivités s’essouffle. Depuis le début des années 2000, ce soutien s’est toutefois intensifié, il a particulièrement bénéficié aux clubs pour lesquels la professionnalisation est récente, c’est-à-dire essentiellement les sports de salle comme le basket, le volley ou le hand. Cet appui a aussi changé de nature : d’une manière générale, la part des subventions directes s’est réduite au profit d’aides, d’autres aides publiques, comme l’achat de prestations.

Ce n’est pas ici le moment de faire un débat sur le financement du sport professionnel mais je souhaitais réinscrire ces délibérations dans ce contexte général et évolutif.

Je voulais également souligner quelques autres éléments importants sur les textes qui nous occupent.

La question des aides publiques ne peut pas, à mon sens, être abordée d’une manière binaire. Il faut distinguer les sports dont le modèle est proche du sport business -je pense ici au rugby et au football- des sports où la professionnalisation est moins aboutie, notamment dans les sports de salle. Réduire les subventions pour ces derniers est synonyme de disparition du club. Il faut en être conscient. L’actuel Maire de Limoges, monsieur Lombertie, ne dit pas autre chose dans la Gazette des Communes d’octobre dernier. D’ailleurs, il faut savoir que la part de l’aide publique est d’autant plus forte que le sport est moins professionnel et moins médiatique.

Quelques chiffres : pour la saison 2011-2012, le montant total de subventions, qui représente tout de même 157 millions d’euros, allait de 2 % des budgets des clubs pour la ligue 1 de football à 79 % pour la ligue B masculine de volleyball. Pour la Pro A de basketball, cela représentait 30 % ou encore 52 % pour la ligue féminine de handball. En rugby, les subventions publiques représentent par contre 3 % du budget pour le top 14 et 5 % de la Pro D2. La situation du football n’est donc pas comparable à celle du handball, bien que ces deux sports soient professionnels.

Ces chiffres nous obligent donc à avoir une approche plus fine, une approche qui embrasse à la fois le contexte propre à chaque discipline, la structure de son économie et la situation locale, là où le club réside. C’est pourquoi notre groupe La Métropole autrement souhaite, comme d’autres collègues qui l’ont exprimé lors de la commission éducation, culture, patrimoine et sport -je pense aux élus du groupe Synergies-Avenir-, le maintien ou la constitution d’une commission ad hoc au sein de la Métropole pour évoquer ces sujets. Cette commission, comme par le passé, pourrait comporter, en plus des représentants métropolitains, des représentants des Communes concernées, notamment les adjoints au sport qui ne sont pas forcément Conseillers métropolitains.

Je souhaite également souligner la stratégie métropolitaine illustrée par ces délibérations qui visent à soutenir les centres de formation des clubs professionnels. L’aide apportée aux structures de formation du VHA, de l’OL, du LOU, de l’ASVEL et du LBF, du basket féminin correspond parfaitement à une mission d’intérêt général des clubs professionnels. En cela, elle justifie notre soutien, conformément aux orientations de la loi Buffet.

Ce soutien se justifie aussi par l’ambition qui anime la Métropole, ambition qui s’illustre au travers de la PPI qui affirme clairement que la Métropole participe au développement de l’agglomération à travers un soutien aux actions de rayonnement culturel et sportif. Il y a donc ici un enjeu plus large que la seule question sportive.

D’ailleurs, le sport, c’est souvent bien plus que le sport, et ce parce qu’il est un formidable support de valeurs qu’il peut véhiculer. C’est à la fois un outil de rayonnement international et de développement économique. C’est aussi un outil de promotion de la santé publique, un facteur de cohésion sociale et un levier de développement éducatif.

Nous le voyons au niveau de nos Communes où le développement de la pratique sportive passe par la mise en réseau des écoles, des activités périscolaires et des clubs. A ce titre, la compétence de la Métropole relative à la gestion des collèges est un outil à renforcer. L’ouverture des équipements scolaires peut être une question à poser pour favoriser la promotion de la pratique sportive et l’ouverture des établissements sur leur quartier. Le soutien apporté aux actions sportives des collèges est aussi un autre levier qui participe aux mêmes objectifs.

Pour l’ensemble de ces raisons, le groupe La Métropole autrement votera ces délibérations.

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