Conseil de développement de la Métropole de Lyon

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Intervention de Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 11 mai 2015

Monsieur le Président, chers collègues,

Pour avoir été partie prenante de la démarche Millénaire 3 en son temps et pour avoir été partie prenante en Conseil de quartier à Villeurbanne, je peux dire que je suis une fervente adepte de la démocratie participative.

La nécessaire démocratie représentative doit nécessairement se frotter à la parole des citoyens durant un mandat. Les textes ont institutionnalisé des instances pour ce faire. Le Conseil de développement en est une.

Il est cependant plus facile de bâtir à l’échelle d’un quartier une telle instance et, pour les citoyens, d’y trouver leur place, au plus près des réalisations, au plus près du quotidien et du vécu.

Organe consultatif indépendant, le Conseil de développement formule des avis sur saisine de l’exécutif et des propositions pour une prise en compte des évolutions sociétales dans les politiques publiques. Pour les affirmer, il développe des temps de dialogue avec l’institution.

Ces temps de dialogue sont majeurs dans le dispositif, avec un point nouveau que je souligne parce qu’il va dans le sens de la démocratie : il sera essentiel -j’ouvre les guillemets- « d’assurer le suivi des propositions, en rendant visible ce qui a été pris en compte ou non par l’institution ». C’est effectivement essentiel de ne pas avoir le sentiment de produire pour ne pas être entendu, comme cela a pu être le cas ; et je rejoins ici la proposition du groupe Lyon Métropole gauche solidaires qui proposait, à l’instant, de faire un retour des travaux du Conseil de développement en commission générale.

Et le citoyen, dans tout cela, me direz-vous ? Il est au sein du collège experts d’usage mais, à mon sens, on le retrouve partout comme citoyen volontaire, comme représentant territorial des habitants. Mais n’est-il pas aussi parfois membre d’une association dans laquelle il a choisi de s’engager ? A mon sens, il est essentiel de donner la parole aux citoyens pour recueillir vraiment l’avis de la population et éviter au Conseil de devenir une assemblée de « sachants » qui maîtrisent un langage technocratique et ont la capacité à mener des débats. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’à mon sens, pour le citoyen lambda, la formation prévue est importante.

Mais le recours à une ingénierie d’organisation du débat et de maillage de la parole collective peut également s’avérer utile pour le collège citoyen car le Conseil de développement peut très vite devenir une assemblée où il est difficile de s’exprimer.

Ils sont peu nombreux, dans certains quartiers, les citoyens à oser s’engager dans un tel Conseil, considérant que les sujets les dépassent, que ce qu’ils expriment parfois par « ne les intéresse pas » ou bien « qu’ils ne sauront pas prendre la parole ».

Soyons vigilants à garder cette parole citoyenne car le problème peut se situer là-même où on ne l’attend pas, avec des services extrêmement précieux pour la qualité des productions qui influent fortement sur la formulation mais aussi sur les orientations des propositions.

Un autre aspect a retenu mon attention : le croisement des engagements citoyens doit permettre, à travers des rencontres périodiques -je cite- « de créer des liens étroits avec les instances participatives infra-métropolitaines » pour un partage d’idées et un échange de contributions. Et c’est une bonne chose de le réaffirmer car un Conseil de développement en apesanteur au-dessus de la vie locale serait une instance viciée.

Cependant, un écueil important réside dans les sujets travaillés : certains d’entre eux sont complètement balisés par les élus et techniciens qui ont un pouvoir et qui n’entendent pas percevoir un ton divergent ou sujets d’actualité traités et retraités, sujets consensuels -qui penserait aujourd’hui qu’il ne faut pas plus de nature en ville, par exemple ?-. Ne convient-il pas de développer la capacité d’auto-saisine du Conseil de développement ?La représentation de la diversité de la société civile doit permettre un creuset d’idées, source d’innovations dans tous les domaines.

Les bases jetées semblent être les bonnes mais restons vigilants à ne pas dévoyer, au fil du temps, cette instance parce qu’elle pourrait déranger ou parce qu’elle constituerait une institution à elle seule, une institution ronronnante.

Le groupe La Métropole autrement votera ce rapport.

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