Plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE)

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Intervention de Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 6 mars 2017

Monsieur le Président, chers collègues,

Ce rapport n’est pas un « petit » rapport si ce n’est au regard des sommes engagées par la Métropole, au demeurant minimes.

En effet, au-delà des grandes préoccupations environnementales des Français, le bruit s’impose comme le principal problème que les Français rencontrent à l’échelle de leur quartier.

Tous les maires, nombreux ici, savent qu’il constitue une source importante de doléances. Sauf que ce qui est le plus perturbant n’est pas forcément le plus nocif : comme pour la pollution de l’air, le bruit « de pointe », souvent désigné comme insupportable n’est pas le plus dangereux. Car le bruit qui impacte fortement la santé est le bruit de fond.

Il peut induire des effets physiologiques et psychologiques. Il est source de stress, source d’anxiété, voire même de dépression, facteur de pathologies plus graves comme les maladies cardiovasculaires et des troubles endocriniens à l’origine de surpoids et de diabète.

Longtemps absente des études, l’analyse économique et financière des impacts sur la santé des choix urbains se multiplie, en particulier celle sur le bruit en ville.

Le Plan proposé avec l’aide de crédits d’Etat, couplé avec des actions de rénovation thermique permettra d’agir sur la qualité de vie. Il n’en reste pas moins que ces logements rénovés resteront des logements d’hiver. Et l’été, me direz-vous ? Il faudra déménager à la campagne, encore que là les coqs chantent… ou consentir à ne pas ouvrir ses fenêtres.

Ce Plan permettra de vivre mieux sur les secteurs retenus, c’est bien. Mais encore faut-il que, d’ores et déjà, les nuisances sonores liées au report du trafic généré par le déclassement de l’A6/A7  soient prises en compte.

Je vous invite à imaginer le quotidien des habitants de notre Métropole dont les logements ne sont pas compris dans les périmètres de points noirs.

Pour ce qui est du périphérique Laurent Bonnevay, la réduction de la vitesse de 90 à 70 km/h que nous appelons de nos vœux, serait une mesure apte à produire de la qualité de vie en ce qu’elle permettrait – au-delà d’une réduction de la pollution atmosphérique –  la réduction de l’émission sonore de la circulation de 3,2 dB(A) , soit une division par deux du niveau de bruit.

Où l’on voit que les murs anti-bruit des années 1970 semblent insuffisants à proposer une qualité de vie aux habitants en directe proximité avec les voies rapides.

L’exposition au bruit au 4ème étage des immeubles qui bordent le périphérique dans le quartier des Buers, à Villeurbanne, a été mesuré à  64,5 décibels en journée (entre 6h et 22h) et de 57,8 décibels la nuit (entre 22h et 6h), soit une moyenne de 66,8 décibels. Ces valeurs sont inférieures aux valeurs moyennes limites qui caractérisent un point noir bruit. Mais en sont pourtant très proches (niveau <70 dB(A) le jour et <65 dB(A) la nuit ; donc en moyenne <68 dB(A).

L’OMS, elle, recommandé un niveau sonore extérieur n’excédant pas 50 décibels pour protéger la majorité́ de personnes contre une gêne en journée, sachant que l’impact le plus fort est évidemment celui qui affecte le sommeil.

Après l’Etude d’Impact en Santé réalisée sur le quartier des Buers en 2015, la rénovation de ce quartier a été retenue au titre du Programme d’investissement d’avenir « Ville solidaire et durable », mis en place par le commissariat aux investissements. Cela permet de cibler des interventions innovantes. Et notamment l’étude de nouveaux dispositifs de limitation du bruit et de la pollution générée par le périphérique par écran acoustique végétalisé, système expérimenté ailleurs et qui montre une atténuation nette des bruits de circulation. Action qui se doit d’être soutenue par la Métropole.

Ce cas n’est pas un cas isolé sur l’ensemble du territoire de la Métropole et n’en constitue qu’un exemple.

C’est une mesure forte de qualité de vie et de santé publique.

Les points noirs sont essentiellement des points crées par la circulation automobile. Il n’est pas possible d’extraire d’un coup de baguette magique cette circulation du milieu urbain. En revanche l’adoption de modes alternatifs de déplacements, des voiries accueillantes avec une circulation apaisée, des aménagements urbains permettant le développement des mobilités actives (marche ou vélo) -et là nous revenons au PDU largement évoqué tout à l’heure- permettront de répondre à cet objectif de réduction du bruit. Cela prendra du temps mais nos concitoyens aspirent à une ville plus humaine et plus « soutenable ».

Les inégalités sociales face aux nuisances urbaines sont clairement pointées aujourd’hui. Quelle que soit la taille des agglomérations, les quartiers modestes ont un cadre de vie nettement plus dégradé que les quartiers aisés. Réduire ces inégalités doit être un objectif de l’action de la Métropole.

Il nous faut faire de la santé environnementale une priorité politique partagée.

Le groupe La Métropole autrement votera bien évidemment ce rapport.

Je vous remercie de votre attention.

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