Délégation des aides à la pierre 2015-2020 – Bilan 2015

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Intervention de Richard Llung

Conseil de la métropole du 2 mai 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

La délibération en tant que telle de cette délégation des aides à la pierre n’appelle pas de commentaires particuliers, si on la considère pour elle-même, de la part du groupe La Métropole autrement, tant qu’on considère le périmètre global de la Métropole.

Mais c’est un petit peu plus difficile quand on considère la répartition de la production de ces logements à l’échelle des bassins de vie et en particulier des communes  dans la répartition, en tout cas dans le document qui a été présenté en commission urbanisme, habitat, logement et politique de la ville, l’effort particulier du bassin de vie centre est de l’ordre de 60 %, là où les objectifs sont normalement plutôt de 50 % et de 25 % pour l’est et de 25 % pour l’ouest.

Nous sommes de loin dans une forme d’équilibre mais veillons de près, à ce que nous n’ajoutions pas au déséquilibre. Même si les apparences font que, chaque année, on semble discuter de la même chose, pour autant, la production n’est pas la même.

Deuxième remarque préalable, la production est liée – et d’ailleurs la convention avec l’Etat le confirme – à la production de logements totale et cela nous mène directement vers une question, un débat qui est la répartition de la production de logements tout court, dont les logements sociaux. Et je voudrais peut-être faire preuve d’un peu d’originalité -en tout cas, je l’espère- parce que, lorsque nous avons des discussions, en Conférences territoriales des Maires, avec Marc Grivel, avec Joël Piegay, notamment la dernière fois-, on a l’impression que tout va de soi lorsqu’on est dans le bassin de vie centre. Et bien non, tout ne va pas de soi ! La question de l’identité des communes, par exemple, se pose bien sûr à Saint Cyr au Mont d’Or et se pose aussi à Lyon ou à Villeurbanne. Il y a des quartiers dans ces grandes communes, il y a des micro-quartiers.

La manière de résoudre ces questions est bien plus souvent dans l’approche morphologique, dans comment on préserve un paysage, comment on préserve une ambiance, ce qui n’est pas toujours matériel. Il faut toujours travailler pour cela, pour pouvoir convaincre et entraîner l’adhésion peut-être de nos habitants vers ces solutions.

L’autre idée reçue c’est que, dans le centre, il y aurait une plus grande acceptabilité du développement urbain. Ce n’est pas évident du tout. Nous avons un taux de recours très élevé. Nous avons des secteurs où le plan local d’urbanisme (PLU) propose des logements collectifs depuis longtemps mais où les changements se produisent depuis une période récente et alors, croyez-moi, les pétitions circulent et il faut y aller ! Donc ce n’est pas du tout une évidence que de considérer que l’acceptabilité politique est acquise dans le bassin de vie centre ; mais je pourrais associer d’autres Communes et je pense à Vénissieux -je viens d’entendre Michèle Picard-, Bron ou d’autres.

Puis une autre idée reçue, peut-être moins courante, c’est qu’il y aurait des capacités dans nos communes qui ne permettraient pas le développement de logements. Or, ce n’est pas vrai, si on considère les capacités théoriques, même déduction faite des protections des espaces naturels et agricoles périurbains (PENAP), des risques technologiques, des plans de prévention des risques technologiques (PPRT), des plans de prévention des risques naturels d’inondations (PPRNI) qu’ils soient de l’Etat ou dans nos constatations. Ces capacités, elles existent. Et d’une certaine manière, les objectifs qui ont été énoncés par le schéma de cohérence territoriale (SCOT) en 2010 sont assez raisonnables. Après, il faut faire le travail, bien sûr mais ces objectifs sont accessibles en tout cas, si ce n’est raisonnables.

Le débat dans le bassin de vie centre est plutôt : « Jusqu’où allons-nous pour la densité ? ». A partir de quel moment n’est-elle plus acceptable ? Alors que, dans certaines communes -et cela, je peux tout à fait le comprendre, je ne suis pas en train de faire l’ironie- le mot même de « densité » pose problème. Il y a Yves Jeandin ici, nous étions à Lissieu et nous avons passé 3 heures 30 assez difficiles sur une estrade. Quelques autres élus étaient présents aussi, je les en remercie d’ailleurs, ce n’était pas une réunion très facile. Il y a un véritable travail à faire, peut-être d’accompagnement, peut-être plus allant puisque, dans cette commune en particulier -pardon

Yves, nous en avons discuté tous les deux-, l’échange avec la population a été limité aux enquêtes publiques. On peut considérer tout de même que c’était insuffisant, même si, par ailleurs, l’égoïsme s’est exprimé.

Voilà, je pense que l’information est importante avec les habitants, cela éviterait de considérer que le logement est toujours un drame. Je vois madame Fautra, on en a parlé aussi récemment à Décines Charpieu : si on regarde les chiffres, il y a eu en effet, sur une douzaine d’années, beaucoup de constructions. C’est vrai, c’est tout à fait vrai et, pour autant, il n’y a pas eu de gain de population, en tout cas dans une proportion faible de moins de 1 %.

La question des équipements est importante, je la mets de côté dans ce raisonnement mais je l’ai entendue et déjà reconnue -c’est aussi le cas à Bron que je cite- pour qu’il n’y ait pas d’intention politique particulière. Ces communes ont vu du logement être produit et, pour autant, il n’y a pas de gain significatif en nombre d’habitants nouveaux. Il y a là aussi quelque chose à déconstruire et peut-être -c’est un appel finalement que nous faisons se mettre à la planche de travail, étudier beaucoup plus précisément les choses, les capacités certainement mais aussi les capacités acceptables et la méthode pour le faire au long cours car cela ne peut pas se faire en quelques minutes.

C’est ainsi que l’on pourra convenir -pour en revenir au logement social- que les besoins dépassent largement les limites du bassin de vie centre seul ou quelques communes supplémentaires. Nos concitoyens ont besoin de logements qui correspondent à leurs capacités économiques tout simplement.

Nous voterons bien sûr cette délibération qui va tout de même dans le bon sens, même si nous appelons à un effort supplémentaire. Et c’est ainsi, peut-être, que nous ferons un peu plus Métropole.

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