Nouveau programme national de renouvellement urbain(NPNRU)

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Intervention de Jean-Paul Bret

Conseil de la métropole du 19 septembre 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

Avec la signature du protocole de préfiguration du nouveau programme de renouvellement urbain (NPNRU), cette délibération acte en fait le nouveau cadre de la politique de la ville sur le territoire de la métropole ainsi que renouvellement des outils d’intervention avec un contrat unique, le contrat de ville.

En tant que maire d’une commune concernée par ce processus, je ne peux que me réjouir du lancement de cette démarche de requalification de certains quartiers dont les habitants connaissent, aujourd’hui encore, une réalité sociale difficile.

Le principal objectif que nous avons devant nous et cela pour les 10 années à venir est la poursuite du processus de transformation urbaine engagé dans le PNRU 1 (2005-2015).

Il s’agit concrètement pour les 14 quartiers retenus, de continuer la dynamique de transformation et de mieux les rattachés ainsi à leur ville et à la métropole.

Je souhaite à cette occasion soulever quelques points de vigilance auxquelles nous devons être attentifs dans la définition et la conduite des projets à venir.

Tout d’abord une remarque sur la liste, non exhaustive à mon sens, des quartiers prioritaires : huit sites d’intérêt national ont été identifiés sur le territoire métropolitain de même que six sites d’intérêt régional.

 Il ne faut pas oublier que d’autres quartiers d’intérêt régional avaient été identifiés dans le cadre du Contrat de Plan Etat Région signé en mai 2015 : 19 sites supplémentaires en renouvellement urbain pouvant bénéficier de subventions de 34 millions d’euros. Je pense tout particulièrement pour Villeurbanne au site Jacques Monod.

Les engagements financiers pris en 2015 ne sont aujourd’hui pas confirmés étant donné que le nouvel exécutif régional a souhaité la renégociation de CPER.

Aussi, il est important qu’au-delà des 6 quartiers d’intérêt régional ciblés dans le protocole d’agglomération, les sites supplémentaires identifiés en 2015 fassent l’objet d’un soutien et que les communes soient associées aux négociations avec la Région.

Un deuxième point de vigilance concerne les conséquences des démolitions : 1 629 logements sociaux sont concernés par ces démolitions. Certes, l’ensemble des logements démolis seront reconstitués, selon la règle du 1 pour 1, mais cette règle n’implique pas que la nature du logement reconstitué soit la même que celle du logement démoli.

Concrètement, les démolitions prévues entraineront la suppression d’une offre de grands logements (des T4/T5/T6 par exemple) alors que la production neuve privilégie des logements plus petits.

Cela ne sera pas sans conséquences à terme sur les possibilités de logements pour les familles.

Ensuite la démolition entraine également la suppression d’une offre de logements financièrement accessible pour les ménages modestes (essentiellement ceux construits dans les années 1960).

La reconstruction en neuf implique des coûts de production élevés et des loyers plus onéreux.

Dans le cas où les ménages relogés le soient dans un logement neuf, une minoration de loyer peut être prévue mais elle n’est pas systématique.

Pour toutes ces raisons, à Villeurbanne, nous sommes et nous serons particulièrement vigilants à maintenir une offre de logement social accessible en centralité et à être mesurés dans les projets de démolition qui sont orientés essentiellement sur des patrimoines obsolètes et /ou très mal situés.

Un troisième point de vigilance, qui concerne plus particulièrement le quartier Saint Jean à Villeurbanne : il s’agit de la desserte en transport en commun de la Grande Ile à Vaulx-en-Velin dont l’étude sera lancée par le Sytral le mois de septembre prochain.

L’étude sur cette desserte doit être l’occasion de formuler des pistes opérationnelles concrètes (attendues depuis trop longtemps)  et apporter des préconisations suffisamment rapidement pour alimenter la définition du projet urbain.

Enfin, n’oublions pas la dimension « humaine » des opérations de réhabilitation et de relogement.

Au niveau de l’agglomération, il y a un consensus pour dire que les premières réalisations dans le cadre du PNRU sont exemplaires. 80 % des habitants sont satisfaits de leur relogement.

Notre sentiment est plus nuancé lorsqu’on écoute les principaux intéressés.

Notamment en ce qui concerne les opérations de réhabilitation, celles-ci peuvent parfois être vécues comme « deux poids deux mesures » car leurs effets ne portent pas suffisamment sur l’intérieur vétuste des logements mais sur la rénovation thermique extérieure. Des discussions au cas par cas ont lieu entre locataires et bailleurs pour la prise en compte des travaux sur l’intérieur.

Ces négociations sont soustraites de la délibération collective entre les locataires et le bailleur et entre les institutions portant le NPNRU.

Afin de restaurer une relation de confiance, ces éléments peuvent et doivent être soumis au partenariat ville, métropole, État, bailleurs afin de garantir l’égalité de traitement de tous.

De manière globale la co-construction des projets avec les habitants est un objectif prioritaire du NPRU et plus globalement de la loi Lamy qui a réformé la politique de la Ville.

Il y a donc un véritable enjeu à ce que les différents projets de rénovation urbaine et de ce que devrait être le désenclavement des quartiers soient définis dans une approche concertée et pas seulement descendante.

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