Organisation d’un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau

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Intervention de Gilbert-Luc Devinaz

Conseil de la métropole du 19 septembre 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

Le groupe « La Métropole autrement » votera naturellement cette délibération qui, je l’espère, sera adoptée cette année encore à l’unanimité. Si je m’exprime ce soir, c’est aussi pour rappeler le sens des voyages de mémoire et témoigner de la portée qu’ils peuvent avoir sur chacun, collégien ou élu.

L’histoire de la Shoah et des camps d’extermination est connue. Elle s’illustre sous des formes variées qu’ils s’agissent de livres d’histoire, de films, de documentaires, de romans, de témoignages. Cette connaissance historique, littéraire ou visuelle est vitale et elle permet d’appréhender la diversité des facettes de ce crime unique et incommensurable.

Cependant, l’expérience directe apporte une connaissance singulière, quasiment physique et palpable. La visite du camp d’Auschwitz-Birkenau ébranle n’importe quelle personne qui revoit photos, vêtements, valises, chaussures ou cheveux ayant appartenu aux victimes et conservées depuis.

Le camp d’Auschwitz est spécifique car c’est l’un des rares camps qui n’a pas été détruit par les nazis. Parce que ses bâtiments n’ont pas été rasés, il devient ainsi la trace physique, perceptible, visible de ce crime indicible. Pour les collégiens, c’est une visite qui marque, qui les change pour certains. Car ces voyages vont au-delà d’un tourisme mémoriel, ils sont préparés avec un accompagnement pédagogique précieux. Lors du voyage, un témoin direct est bien souvent présent pour raconter, avec ses mots, l’horreur du système concentrationnaire auquel il a survécu à un âge souvent proche de celui de ces mêmes collégiens. En amont, le voyage a été pensé, préparé autour d’un travail mémoriel intense qui s’élargit aussi à l’ensemble des crimes et des génocides que le 20ème siècle a connu.

A l’heure où les témoins directs s’éteignent, et particulièrement en cette année 2016 qui a vu disparaitre deux voix emblématiques en la personne d’Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, et Imre Kertész [prononcez Kertess], prix Nobel de littérature, la question de la transmission de ce passé est cruciale. Et ces voyages, que la Métropole soutient, sont un des leviers pour transmettre cette mémoire dont la connaissance est indispensable. La transmission : là réside l’avenir de la mémoire. Car enseigner le passé, c’est la seule façon de l’empêcher de se reproduire. C’est aussi l’unique arme dont nous disposons contre l’indifférence, l’oubli et, pire encore, le négationnisme. C’est d’autant plus nécessaire que, comme le disait Imre Kertész, « Auschwitz n’a pas été un accident de l’Histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible ».

 

 

Seul le prononcé fait foi.

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