Plan d’action pour les mobilités actives

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Intervention d’Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 2 mai 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

Quoi de plus normal qu’un plan d’action pour les mobilités actives venant d’une Métropole comme la nôtre ? La plupart des communes qui la constituent sont en demande sur ce sujet, celles le plus en cœur d’agglo, comme Lyon et Villeurbanne, mais d’autres aussi.

Outre le fait qu’il révèle une pratique volontaire des habitants et une habitude de consommer la ville autrement, il fait état d’un accompagnement très déterminé de notre Communauté urbaine et aujourd’hui de notre  Métropole. Je veux souligner l’investissement de Gilles Vesco et des services sur cette question.

Je ne reviendrai pas sur les externalités négatives des modes de déplacements conventionnels ou sur les bénéfices des modes actifs, d’autres l’on fait avant moi et surtout ils sont clairement exprimés dans ce rapport.

Je n’aborderai que quelques points concernant d’abord le vélo.

La Métropole et ses techniciens ont acquis une forte compétence sur l’organisation du déplacement vélo dans la ville. Mais l’expertise d’usage des pratiquants du « deux roues » reste absolument nécessaire. Au-delà des grands principes de sécurité et d’efficacité, elle permet des ajustements très localisés, des adaptations au terrain et à ses contraintes. Il ne faudra pas s’en priver.

L’automobiliste n’a aujourd’hui pas totalement intégré le vélocycliste dans son paysage de déplacement pour un partage de la voirie, la preuve en est les stationnements-voitures sur bandes cyclables. Faut-il se montrer plus coercitif sur cette question, voire plus répressif ? Les cyclistes le souhaitent.

La pratique de loisir et de tourisme reste également à conforter dans la Métropole : la ViaRhôna, du Léman à la Méditerranée, traverse notre agglomération et  quoi de plus vendeur pour nous que de permettre une continuité de pratique dans la ville intramuros pour ses pratiquants -souvent étrangers – à la recherche de haltes leur permettant d’héberger mais aussi de soigner leur monture  (je parle ici de réparation, de nettoyage, de remisage en sécurité). Des services restent à développer ou à favoriser.

Mais nombre de personnes ne sont pas usagers du vélo parce qu’ils ne savent pas faire du vélo. Des ateliers d’apprentissage du vélo et de remise en selle sont à organiser un peu partout sur notre territoire, en proximité des habitants, notamment des plus démunis en recherche d’emploi pour qui cette solution de mobilité peut représenter une belle ouverture.

Je voudrais aussi saluer le projet de donneries de vélos dans les déchèteries pour une réparation et un réemploi à des conditions accessibles à des personnes modestes.

Faible coût d’investissement, très faible coût de fonctionnement, il n’en reste pas moins qu’un certain nombre d’équipements d’accompagnement de ce processus sont indispensables pour un développement des pratiques : véritables consignes à vélo sécurisées dans les équipements publics, stationnements sécurisés sur l’espace public, multiplication des emplacements vélo dans les parkings publics et enfin, intégration de la problématique vélo dans le PLU H.

La révision du Plan de déplacements urbains de l’agglomération lyonnaise affiche une volonté de porter la part modale du vélo à 8 %. C’est ambitieux et louable. Mais où les range-t-on quand ils ne sont pas utilisés ? Il convient notamment de préciser de manière claire la place du vélo dans le nouveau PLU H en portant de manière volontaire la surface dévolue au stationnement vélo dans les programmes immobiliers à construire, à 2%, ce qui reste encore bien modeste au regard de ce que Paris ou Strasbourg affichent : respectivement 2, 5 et 3%. Evidemment, les constructions, y compris tertiaires, devront offrir des lieux sûrs, suffisamment vastes, conçus aussi pour des vélos à assistance électrique et surtout d’accès facile.

Sur ce point, il est indispensable que le PLU H soit en compatibilité avec le PDU, sinon, cet affichage ne restera qu’un vœu pieux.

Je crois aussi qu’on a encore beaucoup à faire sur le déplacement piéton, et presque plus encore que sur le vélo, tant ce mode de déplacement semble naturel, ancestral et commun. Il ne représente cependant que 35 % des déplacements.

Il faut le reconnaître, la ville n’est pas faite pour celui qui marche ! Nombre de voies conçues pour la circulation automobile ont totalement oublié le piéton. Il s’agit aujourd’hui pour lui de se déplacer sur un espace quelquefois restreint, voire même inexistant pour la marche, dans un environnement peu avenant, en côtoyant les voitures par lesquelles il est considéré comme une gêne.

Le peu de considération des passages protégés par les automobilistes en est d’ailleurs un témoignage.

Il en va de la sécurité du piéton, comme de l’incitation au déplacement à pied qui passe aussi par la multiplication des zones 30, des aménagements de voirie très simples comme ces plateaux aux croisements de rues qui permettent une continuité pour le piéton et une différenciation de perception de voirie par le conducteur d’un véhicule. Des équipements qui bénéficient aussi au handicap !

Le franchissement des coupures urbaines reste un sujet majeur, tout comme la proposition, par une signalétique spécifique, d’itinéraires piétons plaisants, que ce soit par la proximité de commerces ou d’éléments de nature significatifs pour constituer un véritable paysage et la présence d’assis-debout pour les haltes des personnes âgées.

Là aussi, le diagnostic des usagers reste prépondérant pour une réponse adaptée.

Apporter l’image d’une ville apaisée, c’est pour la Métropole concourir à la qualité de vie de tous les citoyens, quel que soit leur mode de déplacement.

Le groupe La Métropole Autrement votera ce rapport.

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