Rapport développement durable de la Métropole de Lyon – Edition 2016

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Intervention d’Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 12 décembre 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

La dimension intrinsèquement transversale du concept confère au développement durable une richesse indéniable dans les modes de penser et de faire. Car le développement durable n’est pas une politique en soi mais la prise en compte du développement durable relève de:

– tout d’abord l’intégration des objectifs de développement durable dans les politiques de laMétropole ;

– ensuite l’appui aux partenaires locaux pour les accompagner dans leurs initiatives qui relèvent du développement durable ;

– et enfin l’action des acteurs du territoire qui composent et construisent la ville, ne serait ce qu’en valorisant leurs démarches.

Il s’articule avec les politiques conduites dans les communes exprimées dans les divers documents qu’elles sont amenées à réaliser, depuis le rapport de DD obligatoire pour les communes de plus de 50 000 habitants à l’Agenda 21, en passant par les Plans climat énergie territoriaux, volontaires désormais, et climat-air-énergie bientôt, ou autres bilans de gaz à effet de serre. Et l’échelon de la commune reste un échelon territorial qui favorise l’action pour nombre de sujets. Il faut savoir garder mesure entre ce niveau d’action et le niveau d’organisation et de soutien aux actions de développement durable que la Métropole peut mettre en oeuvre.

Ce deuxième rapport de Développement durable de la Métropole est d’évidence plus modeste en termes de présentation que celui de l’an dernier, maquetté, en couleurs… Il est pourtant riche d’informations mais présente le défaut de ne pas ou peu apporter les éléments d’historique qui permettraient de considérer une évolution. Il sera nécessaire à l’avenir de se doter d’indicateurs suivis permettant de mieux mesurer les avancées entreprises. Il affiche des objectifs avec des temporalités toutes différentes. Ils vont être difficiles à suivre !

Par ailleurs, nombre de chiffres présentés sont des données d’objectifs pour l’avenir mais ne permettent pas d’être dans le bilan que doit représenter un tel rapport. Voilà pour la critique qui se veut constructive !

De plans en stratégies, l’ensemble des politiques publiques qui concourent à la qualité de vie sont reprises dans le 1er axe. Où l’on remarque que le trafic automobile s’est stabilisé pendant que le nombre d’habitants augmente de 11 % et que la part modale du transport en commun a connu une augmentation de 24 % depuis 2006 et bravo pour le Vélo’v qui a su s’imposer. Mais il faut faire plus pour la mobilité et pour la santé : l’actualité le montre cruellement. Nous en reparlerons plus loin.

D’ailleurs si les baisses de niveau de certains polluants sont bien au rendez-vous, ce n’est pas à la voiture qu’on le doit mais pour beaucoup à l’activité industrielle qui s’est largement responsabilisée, comme au chauffage. Quant à l’agriculture, elle avance à petits pas de mesures agro-environnementales vers une agriculture plus respectueuse de son environnement et de ses consommateurs. Mais tout cela est bien lent au regard des attentes du public !

Sur les chiffres mis en avant pour l’eau, reste à s’interroger sur le pourquoi de la stabilité des volumes consommés après une baisse certaine pendant une dizaine d’années. Des actions de sensibilisation seront-elles à prévoir ? Et comment imaginer sereinement perdre encore 22 % de l’eau transportée, par des fuites sur les réseaux ? Même si je sais que des progrès considérables ont déjà été faits.

Pour l’assainissement, qui a connu des investissements importants depuis 10 ans, et donc de fortes diminutions des polluants rejetés au milieu naturel, le considérer comme une priorité pour la préservation des milieux aquatiques et de la ressource en eau est une démarche à saluer, tout comme construire la ville perméable pour répondre au défi de la climatisation de la ville., tout en gérant les nuisances générées par les eaux pluviales.

Mais après avoir parlé agriculture et assainissement, je ne peux m’empêcher de citer la page 4 de ce rapport qui évoque une diminution de 30 % des surfaces traitées par des produits phytosanitaires sur l’espace public !

En matière de propreté si c’est ainsi que l’on réduit les impacts sur l’eau, l’air et les sols, je pourrais vous conseiller de prendre de la graine à Villeurbanne où depuis bientôt 9 ans nous n’utilisons plus de produits phytosanitaires et… tout va bien ! pour les plantes et les habitants !

Sur le chapitre des déchets, il y a beaucoup à dire.

Se féliciter de la baisse de production des déchets, de l’augmentation de la valorisation matière, du réusage à travers des dispositifs de types donneries ou recycleries, de la mise en place de composteurs collectifs de quartier, de copropriété ou de restauration scolaire qui extraient les déchets fermentescibles des OM. Mais à quand une action plus efficace pour le tri et une vraie mesure incitative de paiement au poids ?

On ne peut que saluer l’ouverture de la déchetterie fluviale du quai Fulchiron, une expérimentation unique en France qui préfigure l’avènement de solutions alternatives aux déchetteries permanentes tant sollicitées et jamais pour la satisfaction de tous !

Nous appelons tous de nos voeux un développement économique soucieux de la préservation de l’environnement, solidaire s’appuyant sur une économie circulaire et de proximité. La Vallée de la chimie en est un exemple, avec son appel des 30. Et ailleurs ?

Favoriser une Métropole intelligente à travers toutes les stratégies qui se mettent en oeuvre sur des thématiques très diverses qui développent une stratégie numérique, favoriser la recherche et l’innovation tant dans les systèmes, les produits que dans les services pour une ville durable.

Et puis une administration écoresponsable à la Métropole, c’est la garantie de favoriser l’écoresponsabilité des politiques publiques de la Métropole. C’est s’engager dans un rôle d’exemplarité vis à vis du public et c’est un puissant levier pour faciliter le changement du monde économique.

L’intégration des objectifs de développement durable dans les politiques métropolitaines pourrait inclure un appui aux communes pour les accompagner dans leurs initiatives qui relèvent du développement durable, à partir d’un outil d’observation territorialisée pour des démarches engagées par les communes soutenues financièrement par la Métropole.

L’objectif du développement durable n’est sûrement pas de faire plus mais de faire mieux pour permettre une vie saine et harmonieuse à chaque habitant de notre Métropole.

Je vous remercie de votre attention.

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