Rapport développement durable de la Métropole – édition 2015

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Intervention d’Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 1er février 2016

Monsieur le Président, chers collègues,

Un rapport Développement durable ? Une simple formalité en réponse à une obligation réglementaire ?

Pas que : la loi a eu le mérite de l’imposer, les collectivités ont eu l’intelligence de s’en emparer pour faire l’examen à la lumière de cette notion de l’ensemble de leurs politiques.

D’autres l’on dit avant moi, c’est pour la Métropole son premier rapport de Développement durable qui – s’il envisage désormais les politiques sociales, notamment – n’apporte pas, bien sûr les éléments qui permettraient de considérer une évolution.

Un rapport de développement durable est à mille lieux d’un inventaire. Il aide à mettre en lumière et à considérer certains éléments sous un angle systémique. Se donner des  indicateurs suivis permet de mieux mesurer les avancées entreprises, et dans certains domaines, nous en manquons.

La prise en compte du développement durable par l’intercommunalité relève de trois enjeux qui apparaissent de manière un peu inégale dans le rapport :

– Intégration des objectifs de développement durable dans les politiques métropolitaines; sur ce point, il y a des avancées notables dans le rapport, mais de grandes politiques métropolitaines restent encore un peu éloignée de l’objectif, par exemple en matière de voiries ;

– Appui aux communes pour les accompagner dans les initiatives qui relèvent du développement durable : cela supposerait que la Métropole se dote d’un outil d’observation territorialisée, et qu’elle le diffuse, et ensuite cela supposerait de soutenir concrètement les démarches engagées par les communes ;

– 3ème enjeu : appui aux acteurs du territoire en valorisant les démarches innovantes.

S’il est bon de considérer les politiques de manière territoriale et globale, il peut paraître indélicat de s’attribuer les avancées produites par nos partenaires –entreprises ou monde associatif…

Je mettrai en avant un premier item : La ville se  reconstruit sur elle-même : quoi de plus sage que de vouloir préserver nos territoires ruraux en utilisant au mieux le tissu urbain existant ? que de vouloir maintenir 50 % d’espaces naturels et agricoles sur le territoire du SCOT ? que de protéger nos 23 %, soit 24 000 hectares de terres agricoles ?

Ce sont nos espaces de respiration tout autant que les terres qui nous nourrissent. Encore faut-il savoir faire de la ville une ville où la nature trouve sa place et ne soit pas considérée comme un plus. Elle doit être un élément du paysage tout autant qu’un milieu où peuvent s’exercer différents usages. Elle doit être un terrain participatif où les habitants eux-mêmes trouvent à exercer, par l’observation ou la plantation. Ce sont là les services-même de la Métropole qui restent à acculturer sur cette question.

On ne peut que saluer Hublo, une première mondiale pour une meilleure gestion de notre eau !

Bien sûr, sur la question de l’énergie où la nouvelle compétence métropolitaine  doit s’exercer pleinement, on attend beaucoup du  Schéma directeur des énergies, comme de la plateforme Eco-rénovation… Mais d’ores et déjà Lyon Eco-Energie  a su accompagner 67 entreprises (TPE ou PME) en un an. On s’en félicite.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre (moins 11 % depuis 2000) est à souligner, mais, on le sait les efforts sont à faire partout et il est important de mobiliser encore et toujours sur ce sujet même si l’adaptation au changement climatique doit faire désormais partie de notre horizon.

Sur le chapitre des déchets, il y a beaucoup à dire.

Pour optimiser la collecte sélective des déchets, on espère pouvoir compter  sur les prochaines actions de communication auprès du grand public…  car les résultats sont aujourd’hui loin de nos attentes !

Il nous faut accélérer  la diminution du volume des déchets ménagers en instaurant une politique ambitieuse de développement du compostage public.

Le réemploi doit considérer tous les lieux où il peut s’exercer, toutes les structures qui sont à même de le mettre en place.

Et puis à quand la prise en compte de la redevance spéciale auprès des communes qui leur permettrait de voir leurs déchets enfin clairement considérés ?

4 millions de déplacements quotidiens facilités grâce à Onlymoov. Mais les comportements d’autosolistes doivent être aussi dissuadés et le Challenge mobilité permet aux entreprises de sensibiliser leurs salariés sur ce sujet. C’est la qualité de vie qui est en jeu, mais aussi la qualité de l’air.

Si les émissions de  polluants ont baissé dans les 10 dernières années en raison du renouvellement du parc automobile, on sait que la durée de vie des véhicules  recommence à augmenter en raison de la baisse des ressources des ménages.  Le nombre de jours d’alerte a cru en 2015 et il est difficile de l’admettre. Mais au-delà de ces pics, l’exposition quotidienne de certaines populations, notamment aux abords de grandes voies de circulation comme le périphérique, présente un danger aujourd’hui reconnu pour la santé, comme le montrent de récentes études. A quand les 70 kilomètres/heure sur cet axe urbain, comme ils ont été instaurés sur l’axe Nord/Sud dans sa partie Perrache / Confluence ?

Optimod, c’est bien mais une véritable stratégie du dernier kilomètre sur le cœur d’agglomération avec des plateformes logistiques organisées sur le territoire ne devient-elle pas une nécessité ?

Continuons aussi de favoriser les mobilités actives et notamment la marche à pied sur notre territoire, en l’ayant à l’esprit dans toutes nos opérations d’aménagement urbain. En lien avec le  plaisir de  marcher dans un paysage apaisé et arboré.  C’est toujours mieux de rajouter des arbres à l’existant comme je l’ai vu pas plus tard que la semaine dernière !

L’ambition de passer de 640 à 1000 km d’aménagements cyclables en 2020 est à saluer si ces objectifs sont tenus. Mais ce chiffre de 640 devrait être posé en regard du chiffre de l’année 2014 et non pas en regard de celui de 2020.

Un chiffre au vol, a retenu mon attention : 43 AMAP, c’est bien peu pour notre agglomération.

Favoriser l’innovation, développer une stratégie numérique, oui, mais veillons à ce qu’elles restent au service de l’humain et que les pôles de compétitivité concourent, à l’avenir, à la création des emplois dont nous avons tant besoin sur l’agglomération. C’est peut-être là qu’il faut mettre en regard les 600 personnes qui se sont mobilisées pour l’élaboration d’un programme insertion/ emploi !

Au total, que de labels et de certifications sur le territoire métropolitain !…  Bravo !

J’ai coutume de dire qu’un rapport de Développement durable est un travail de bénédictin, par la masse de données rassemblées et organisées. Celui-ci l’est aussi et nous est très précieux.

Je vous remercie de votre attention.

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