Plan d’action économie circulaire, zéro gaspillage de la Métropole

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Intervention d’Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 10 avril 2017

Monsieur le Président, chers collègues,

Récemment j’évoquais l’économie circulaire à quelqu’un qui découvrait le terme et me demandait de l’expliciter. A la suite de mes explications, sa réaction fut de me dire : « ah oui, c’est ce qu’on pourrait appeler le « bon sens populaire ».

Sauf qu’on l’a beaucoup perdu, ce bon sens populaire, dès les Trente glorieuses, par besoin de profits, de consommation, de nouveauté… Aucun souci de l’économie de la ressource, de l’énergie consommée, il fallait consommer et jeter toujours plus. Exit les consignes de bouteilles en verre, la récup, les services après-vente qui réparent, la consommation d’eau du robinet…

Réduire la production d’ordures ménagères et assimilés est devenu au fil de la croissance exponentielle des déchets et des coûts de traitement un souci aujourd’hui constant. Nous espérons tous que le prochain PLPDMA (Plan local de prévention des déchets et assimilés) nous permettra d’aller bien au-delà des 7 % réalisés dans le précédent plan, en 6 ans, entre 2009 et 2015 : 10 % nous dit-on dans le rapport. Mais plus serait mieux… et pourquoi pas atteignable !

Nous sommes très heureux de notre labellisation « Territoires zéro déchet, zéro gaspillage » qui s’accompagne de financements. Et qui concerne non seulement les ménages, cette fois, mais aussi les entreprises et les administrations avec un objectif, celui de la réduction des déchets.

C’est sans doute un modèle global de société qu’il nous faut revoir dans un monde où l’on existe par ce que l’on a et non pas par ce que l’on est.

Avoir, dans tous les domaines, de l’alimentation aux produits de petite électronique, en passant par le vêtement, c’est être présent au monde dans notre époque.

Aujourd’hui, un retour à la raison s’avère nécessaire. Apprenons à nos enfants à vivre sainement, apprenons-leur une consommation responsable. Les associations citées au Plan d’éducation au développement durable nous seront fort précieuses dans cette transition !

L’achat raisonné, le suremballage évité, le vrac, le partage d’usages, le réemploi, la réparation, le compostage des déchets fermentescibles, voire leur méthanisation, la valorisation matière par le recyclage, la valorisation énergétique sont des passages obligés.

La tarification incitative nous y contraindra sans nul doute et aura cette vertu de contraindre les usagers sans scrupules.

Quant à nous, communes, il importe que dans nos marchés publics, cette responsabilité soit assumée, avec analyse complète du cycle de vie de nos achats, la consommation d’énergie et de matière pour les produire et les détruire, leur obsolescence programmée…

La redevance spéciale finira peut-être par résoudre nos problèmes d’élimination des déchets produits par divers acteurs autres que les ménages, et notamment les nôtres.

Des initiatives sont citées dans ce rapport, des secteurs d’activité, mais ce qui importe par-dessus tout pour un bon fonctionnement de l’économie circulaire, c’est la notion de filière, de l’amont à l’aval. Rien ne sert d’œuvrer à un bout de la chaîne si le reste ne suit pas. De la production d’un bien à son élimination, il nous faut construire des filières, au risque de ne pas être crédibles : rappelons que nous ne recyclons toujours pas les plastiques autres que bouteilles et flaconnage sur la Métropole, malgré l’expérimentation villeurbannaise, il y a quelques années de cela.

Les acteurs sont majeurs dans cette problématique : l’économie circulaire doit faire se rencontrer volonté politique, stratégies de territoires, entreprises motivées et initiatives citoyennes. Nombre d’entreprises innovantes se sont engagées dans une démarche d’écoconception. Les grands groupes industriels du déchet s’intéressent fortement à l’économie circualire mais il importe aussi de créer les conditions de naissance et surtout de pérennisation des jeunes entreprises, souvent issues du modèle de l’économie sociale et solidaire. La question des locaux ou surfaces est une question majeure pour l’implantation de telles structures.

A l’avenir, optimiser les flux d’énergie et de matière nous conduira sans doute à repenser l’organisation territoriale. L’économie collaborative, le développement de l’activité de services seront amenés à modifier les bâtiments comme les projets urbains.

Je voudrais souligner qu’il est aussi de notre devoir de transmettre : nombreux sont les pays dans le monde où la mise en décharges, toujours plus vastes, toujours plus polluantes, reste le principal mode de traitement des déchets, quel que soit le producteur, d’ailleurs.

Les Nations Unies évoquent, dans un récent rapport sur les ressources, la nécessité d’une division par 5 de la consommation de  matières premières dans les pays développés d’ici 2050, parce qu’il nous faut diminuer fortement notre consommation de matières premières et la partager avec un plus grand nombre.

L’économie circulaire nous propose une gestion sobre de ces ressources tout en nous offrant un développement d’emploi difficilement délocalisables, des réductions de coûts pour les entreprises, une réduction des impacts environnementaux qui participe de la lutte contre le changement climatique. Il s’agit pour nous d’opérer une mutation profonde de nos organisations et de nos modes de vie.

Le groupe La Métropole autrement votera bien évidemment ce rapport. Je vous remercie de votre attention.

 

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