Projet métropolitain des solidarités 2017-2022

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Intervention de Claire le Franc

Conseil de la métropole du 6 novembre 2017

 

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Ce projet Métropolitain des Solidarités que nous examinons aujourd’hui est l’Acte 1 des politiques de solidarités de la Métropole de Lyon. Acte 1, nécessaire et attendu, à la vue de la mobilisation des agents et acteurs à nos côtés ces dernières années.

Ce Projet s’adresse à tous les habitants de la Métropole au fil de l’évolution de leur vie, de la petite enfance au grand âge. Ce projet nous concerne donc tous.

Il cherche également à apporter une attention particulière aux plus fragiles d’entre nous, fragilités liés notamment aux problématiques économiques et sociales qui s’accroissent et qui fragmentent de plus en plus notre société aujourd’hui.

Néanmoins force est de constater que la majorité des grands-lyonnais sont loin de notre institution et de l’architecture administrative française, et souvent les plus pauvres en sont encore plus éloignés. Loin des idées reçues, beaucoup ne font pas valoir leurs droits, il suffit pour cela de lire régulièrement les publications de l’ODENORE notamment. Or les droits sociaux sont avant tout des droits au même titre que les droits civils et politiques, et ne relèvent plus dans notre Etat de droit, de logiques seulement privées ou morales, même si certains voudraient nous en persuader en utilisant outrageusement le vocable d’assistanat.

Bien souvent nous contribuons, sans le vouloir, à la relégation de ces personnes. En développant par exemple les fameux « guichets uniques ». Ainsi quand toutes les collectivités, réinventant la poudre, créent le leur en fonction de leurs compétences, nous trimbalons les habitants d’un guichet unique à un autre et dénaturons, telle Pénélope, les mailles du filet de protection que nous cherchons par ailleurs à tisser.

Cette question du guichet est d’autant plus importante, qu’aujourd’hui il est souvent dématérialisé. Or si la technique est nécessaire, pratique et une réelle plus-value pour la majorité d’entre nous, elle crée également des laisser pour compte. Le mille-feuille de l’exclusion se met en place, tranquillement, sous couvert de politique faite pour tous. Non. La plupart des politiques publiques menées ne sont pas faites pour tous mais pour 80% de la population. Nous devons donc faire en sorte que les 20% de la population qui n’est pas prise en compte ne soient plus le no woman’s and no man’s land des politiques publiques. C’est là que réside notre devoir de solidarité.

Travaillons donc de concert à rendre ces filets opérant en croisant plus encore nos regards, nos actions. Les communes sont ainsi des lieux d’observations et d’élaboration de stratégie. Construisons ensemble les indicateurs pertinents, partageons plus avant ces données sociales et associons-y également les usagers et leurs représentants pour s’adapter au plus près des besoins.

Cela signifie aussi que les critères retenus ne doivent pas être seulement des ratios financiers, réflexes naturels dans le contexte de restrictions budgétaires que nous subissons tous. Ils ne sont ni l’alpha ni l’oméga des politiques publiques quelles qu’elles soient, ni les seuls indicateurs du bon fonctionnement de l’économie ou de la société d’ailleurs.

Ce projet est également destiné aux agents de la Métropole, aux partenaires avec lesquels les politiques sociales sont développées et aux élus de cette assemblée et des communes. Il fixe un cap mais nous devrons régulièrement le réinterroger car notre société évolue vite, très vite, et les politiques sociales ne peuvent être figées dans le marbre sous peine d’être obsolètes dès qu’elles sont énoncées. Construisons ensemble ce comité de suivi au fil de l’eau, permettant son adaptation permanente.

Bien sûr la Métropole est un acteur majeur en matière de politique sociale. Elle applique cependant des décisions nationales inscrites dans le code des collectivités et le code de l’action sociale et est dépendante de fait des décisions du gouvernement et du législateur.

Nous ne pouvons plus aujourd’hui nous cantonner à des politiques sociales curatives, il nous faut développer la prévention, la sensibilisation de tous, par exemple en matière de handicaps.

Il s’agit aujourd’hui d’allier ces deux types de politiques, curatives et préventives, avant de connaître, permettez-moi l’expression, un retour sur investissement social dans quelques années. Ce développement de politiques de préventions sera de fait conditionné aux moyens qui y seront attribués et cela nécessite donc de dégager des marges de manœuvres internes.

En outre les politiques sociales sont des politiques partagées et si la concertation a existé elle peut se parfaire, s’améliorer avec les agents, les élus de cette assemblée et des communes, mais aussi avec le tissu associatif local, composé de petites associations peu lobbyistes mais qui sont souvent, au plus près des plus fragiles. Ainsi nous aurons tous, une fine connaissance de leurs besoins mais aussi de leur potentialité.

J’entends souvent dire que les élus devraient aller au sein de l’entreprise ; j’ajoute à cela qu’ils devraient surtout se rendre à l’accueil puis passer du temps en suivi social dans une association, un CCAS ou une MDM. C’est du travail d’écoute, de dentelle, au plus près de besoin individuel que dépend la construction en pratique, d’une Métropole inclusive faite réellement pour tous.

Cette médiation humaine est indispensable. Elle n’est pas numérisable, elle n’est pas mécanisable ; elle n’est pas délocalisable. Ah si ! Elle est délocalisable mais plus précisément au sein des territoires de la Métropole, en fonction de leurs besoins ; et je pense plus particulièrement au territoire de l’Est lyonnais.

C’est ce choix de coopération et de prévention que nous devons faire dès aujourd’hui pour les plus pauvres d’entre nous, mais aussi pour tous les autres, pour nous, nos enfants et pour demain.

Oui, les questions et enjeux de solidarité sont éminemment Politiques car ils façonnent la Société d’aujourd’hui et de demain. Cette Politique des solidarités conditionne notre rapport à l’autre, et donc nous permet de le reconnaître ou de se replier frileusement en faisant de lui le bouc émissaire de toutes nos peurs. Alors surmontons ces peurs et revendiquons une Métropole ou l’humain est notre priorité.

Notre groupe votera ce Projet.

 

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