Débat d’orientations budgétaires 2018

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Intervention de Damien Berthilier

Conseil de la métropole du 15 décembre 2017

 

Monsieur le Président, chers collègues,

Le document du DOB est paradoxal dans sa présentation. Précis sur les conséquences de la politique gouvernementale, mais général sur les celles de la métropole.

Le document décrit bien les inflexions majeures dans la politique nationale, même si le dogme de la baisse des dépenses publiques ne date pas de ce quinquennat. En revanche, les collectivités sont désormais infantilisées. Et, c’est le problème, cette logique imprègne jusqu’à l’écriture de notre délibération.

Concernant le projet de contractualisation, le terme « responsabilisation » revient à plusieurs reprises dans le document. Je cite : « Les collectivités seraient ainsi responsabilisées sur la maîtrise de leurs dépenses ». Mais où les rédacteurs de ces lignes se trouvaient-ils lors des 3 derniers votes du budget ? Lorsque nous avons voté les baisses cumulées chaque année de 6% de subventions au secteur associatif ? Qui a besoin d’être responsabilisé par qui ? Chacun connait bien le maire de Lyon et il ne nous semblait pas jusqu’ici irresponsable ; ni le maire de Villeurbanne ni la maire de Vénissieux, les trois villes pressenties pour la contractualisation.

Alors pourquoi l’Etat, dont le représentant ne répond pas devant les électeurs, serait-il par essence plus responsable que des élus locaux ? Tout glissement sémantique est révélateur du fond d’une politique. Le président Macron n’a pas vraiment besoin des élus locaux et sa première préoccupation est d’en diminuer le nombre. Bien sûr, il se trouve toujours des esprits croyants qui penseront bénéficier d’une mansuétude locale contre toute logique constitutionnelle. Mais il ne s’agit pas ici de briser les rêves les plus doux à l’approche de noël.

Tout se lit désormais clairement à l’aune des décisions du Projet de loi de finances 2018. Des collectivités encadrées dans leurs marges de manœuvre, des recettes fiscales qui sont peu à peu étatisées. Sauf pour 20% de nos concitoyens qui vont tout de même avoir du mal à comprendre le sens de la justice fiscale de la mesure pour 1€ de plus de revenu annuel que leur voisin. Et enfin investissement local sous tutelle. C’est une recentralisation très assumée de la France. J’avoue avoir eu pour ma part une autre idée du modèle dit lyonnais si souvent vanté dans cette enceinte.

Quant au reste du document, il convient de saluer le travail mené sur la feuille de route Ressources humaines pour un meilleur accompagnement des agents dans leur parcours professionnel.

Mais ce qui attire l’attention, c’est davantage ce qui ne s’y trouve pas. Après bientôt 3 ans de création de la métropole, on peine à aller plus loin que les grandes intentions.  Certes les exigences réglementaires du document sont respectées, mais on cherche en vain une orientation politique générale qui doit pourtant présider aux choix qui seront faits dans le prochain budget primitif. Le terme « volontariste » est accolé au terme « cadrage », pour mieux affirmer la volonté de réduire les dépenses : il y a sans doute d’autres volontés à afficher que celle de la réduction budgétaire. Par exemple, nous nous accordons à dire que le Projet métropolitain des solidarités est une avancée importante pour notre métropole. Mais comment le faire vivre s’il n’est pas traduit budgétairement ? Il est simplement indiqué dans le document du DOB l’évolution de la dynamique des dépenses sociales. Pour ne mettre en lumière qu’un sujet d’actualité, sur lequel Monsieur le président vous vous êtes exprimé, il y a eu cette année des centaines d’enfants qui ont dormi dans les rues de notre métropole prospère, dans la pleine rigueur de l’hiver. Pendant que l’Etat revient sur l’inconditionnalité de l’accueil, qu’il va jusqu’à abandonner des jeunes livrés à eux-mêmes sur le col d’une montagne gelée, réaffirmons dans les actes la métropole humaine.

Nous aurions aimé avoir enfin davantage de précisions stratégie financière : sur la réalité du bilan financier de la création de la métropole ; sur le pacte financier avec les communes que nous réclamons depuis l’adoption du pacte de cohérence métropolitain. Nous l’avons déjà évoqué et je n’y reviens pas davantage aujourd’hui. Il faudrait ajouter le besoin de connaître l’impact sur les investissements à venir du déclassement de l’A6-A7.

Nous attendrons donc la présentation du budget pour en savoir davantage. Il nous faut, à deux ans de la fin de notre mandat, avoir des éclairages sur l’orientation de notre collectivité, ses priorités et comment elles s’expriment clairement dans le budget.

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