Déclassement A6/A7

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Intervention de Gilbert-Luc Devinaz

Conseil de la métropole du 15 décembre 2017

 

Monsieur le Président,

Mesdames, messieurs,

Cette délibération est importante. Elle est importante pour ce qu’elle dit mais aussi pour ce qu’elle ne dit pas. Mon intervention se divisera en deux temps. Le premier se félicitera des avancées qui se trouvent dans cette délibération. Le second temps concernera des motifs de vigilance sur l’évolution générale de ce projet. La position de notre groupe est cohérente sur ce point  : nous soutenons le principe du déclassement. Mais nous restons vigilants pour que gommer une erreur historique ne conduise pas à en créer une nouvelle. Nous restons vigilants à ce que les bénéfices attendus soient bien partagés par l’ensemble des habitants de la Métropole.

A ce titre, je salue une évolution dans les objectifs affichés du projet. Je cite : «  mieux protéger les communes du trafic de transit et soulager le périphérique ou la rocade est ». Ce sont des signes forts pour les populations de ces territoires.

Nous nous félicitons aussi de l’avancée concrète illustrée par les mesures que nous allons voter aujourd’hui.

Créer des voies de covoiturage ou des voies dédiées aux bus, construire des aires de covoiturage, changer les panneaux de signalisation, toutes ces mesures ne vont pas changer à elles seules la nature du trafic. Il s’agit bien d’une première étape dans un processus plus vaste. Le déclassement et les mesures qui l’accompagnent ne sont qu’un premier pas vers une amélioration globale des déplacements.

Je l’ai dit lors de ma première intervention sur ce sujet, je le redis ce soir. En annonçant le déclassement de l’A6 et de l’A7, votre prédécesseur – qui est aussi le mien – a fait du point d’arrivée, le point de départ. Mais le chemin demeure toujours aussi long. Le calendrier présenté ce soir en est l’illustration.

Et pour atteindre le bout du chemin, il faut lever un certain nombre de doutes. J’ai des inquiétudes qui portent moins sur la délibération que sur le projet global. Dans la présentation faite aux élus et à la presse, j’ai apprécié les précisions apportées sur les mesures pour orienter le trafic de transit vers le contournement.

Mais je partage une partie des inquiétudes exprimées par les élus de l’est de l’agglomération. Si elles sont souvent légitimes, elles relèvent aussi parfois de la posture. Si Monsieur le Maire de Saint-Priest s’inquiète des projets pour le nœud de Manissieux, on l’entend moins sur l’A45 portée par Laurent Wauquiez. Son arrivée actuelle sur Lyon est une catastrophe pour la cohérence de notre stratégie de déplacement. Je l’ai dit à la ministre des Transports le 12 octobre dernier lors d’une réunion avec les parlementaires de la région sur ce sujet.

A cette occasion, j’ai répété les positions que portent la Métropole. L’arrivée actuelle sur l’agglomération n’est pas la bonne. Nous devons travailler sur l’intermodalité. A ce titre, la Région gagnerait plutôt à améliorer la liaison ferroviaire entre Saint-Etienne et Lyon. J’ai enfin évoqué le souhait d’études supplémentaires qui doivent analyser les risques de manière globale qu’il s’agissent des sites Seveso à proximité ou de l’enneigement régulier sur une bonne partie du tracé envisagé.

Pour revenir sur le débat d’aujourd’hui, même si tout est lié, permettez-moi de poser quelques questions qui ont pour but d’encourager le débat.

Si j’ai bien compris, le principe d’un grand contournement par l’Est est acté. J’entends les arguments en sa faveur mais je veux souligner ici, une nouvelle fois, l’effort demandé à ces territoires et à ces habitants en faveur du développement de notre agglomération. Et je m’interroge. Est-ce que le projet d’un contournement par l’ouest est abandonné  ?

Sur le contournement par l’est, je m’interroge aussi. Au delà du tracé qui pose question, quel est le modèle économique d’une telle infrastructure. Qui va payer  ?

Est-ce l’Etat alors que le gouvernement stoppe tous les grands projets à l’échelle nationale  ?

Si ce n’est pas l’Etat, ce seront donc les sociétés concessionnaires. Comment s’assurer qu’elles ne pratiqueront pas des tarifs prohibitifs rendant l’usage de ce contournement peu incitatif  ? Car l’enjeu n’est pas de faire de belles autoroutes mais bien qu’elles soient utilisées.

Autre grand absent du débat, l’Anneau des Sciences. Alors qu’il représente le projet le plus coûteux, il est évacué en quelques lignes.

Toutes ces questions illustrent bien que pour réussir ce déclassement, le chemin sera encore long et que la concertation engagée sur ce projet est salutaire.

Je vous remercie.

 

 

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