Plan climat énergie territorial et rapport développement durable 2017 de la Métropole

cropped-couverture1-e14894030686172.jpg

Intervention d’Anne Reveyrand

Conseil de la métropole du 15 décembre 2017

 

L’an dernier, ma critique du rapport de  Développement Durable de la Métropole avait été un peu rude. Il n’était, c’est vrai, pas tout à fait abouti. L’année 2017 semble être un bon cru pour le Développement durable. Le choix des deux axes stratégiques que sont la résilience du territoire et la santé environnement permet de s’attacher aux causes des pollutions, au bien-être des populations comme à la préservation des ressources naturelles, et à la réponse aux bouleversements environnementaux.

Attention cependant à ne pas s’arrêter à l’analyse fort intelligente, voire savante, de la vulnérabilité de notre écosystème urbain et aux orientations, aux propositions mais à s’installer dans les réalités et dans l’action.

La Métropole a choisi d’agir sur les 3 volets classiques d’une stratégie de développement durable de collectivité : son patrimoine et ses activités, les politiques publiques qu’elle déploie et les autres activités du territoire, avec deux leviers : réduction des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre. Nos collectivités sont la preuve que cela est possible : j’ai retenu les (entre 2000 et 2015) les moins 16 % de GES, les moins 9, 5 % de consommations d’énergie et les 6 % d’énergies renouvelable et de récupération. Tout cela dans la mobilité, les bâtiments, les processus industriels.

A ce propos, dans les activités du territoire que je citais plus haut, il y a l’activité économique et justement il lui faut s’orienter vers une économie plus sobre en ressources naturelles pour garantir sa pérennité, rechercher la sobriété mais aussi la proximité et la circularité. Mais quid des secteurs de la chimie, de la métallurgie/mécanique, de l’agro-alimentaire ou de la construction, directement visés ? Comment satisfaire la demande de biens et de services ? Modifier notre mode de croissance ? Je n’ai pas dit modifier notre croissance, ni même parlé de décroissance… J’en vois d’aucuns frémir à cette idée !

Pour ma part, je ne retiendrai qu’une chose des  réunions internationales qui se sont déroulées récemment : il nous faut une détermination collective qui ne soit pas, en permanence, tempérée par une prise en compte impérieuse de réalités économiques qui conduisent à repousser les décisions.

Les 26 actions cadres pour l’atténuation en vue de réduire les gaz à effet de serre du territoire inscrites au PCET voté en 2012 sont en cours de mise en œuvre.

C’est aujourd’hui l’adaptation aux modifications prévues du climat qui vient compléter ce volet, et le diagnostic de 2015 intitulé « Adaptation au changement climatique : socle des connaissances locales » représente un outil précieux pour la prise de décision.

Toutes les mesures qui y sont envisagées sont pleines de bon sens.

Accompagnement des populations, protection des populations fragiles : c’est bien mais une chose est à ne pas oublier, c’est que tout un chacun devient fragile quand les températures dépassent un certain seuil et qu’il n’y a plus de différentiel de température entre le jour et la nuit. Plus aucun temps de récupération et une fatigue qui s’accumule. C’est ce que nous avons pu vivre dans le dernier épisode de canicule estivale. Trouver les adaptations nécessaires à des conditions de travail correctes sans avoir recours à la climatisation des locaux qui augmentent les consommations d’énergie et l’épuisement des ressources. Je parle des locaux d’habitation (les dispositifs de rénovation du bâti conçus par les communes et la Métropole y concourent) comme des locaux de travail. Comment la végétalisation des espaces extérieurs peut y participer ? Quelles mesures sur le bâti et dans ses abords immédiats ? Quel réapprentissage de comportements ancestraux oubliés, pour la gestion de l’air intérieur ?

Je suppose que comme à Villeurbanne, guidés par une étude très précise des ilots de chaleur et des effets compensatoires, toutes les communes ont mis en place des instances de travail sur ce sujet, notamment avec leur CHSCT. Nous attendons avec impatience la diffusion des savoirs, et des expérimentations sur ce sujet par la Métropole.

Toutes les mesures inscrites dans les cinq axes stratégiques de ce PCET sont judicieuses et bienvenues.

Il y aura grand besoin de formations pour leur mise en œuvre par les services de la Métropole. J’ai parfois plaidé dans des réunions avec les services de la Métropole justement, pour une gestion des eaux pluviales qui ne consiste pas qu’en un écoulement vers les pieds d’arbres mais en une réelle désimperméabilisation des sols afin que ceux-ci puissent rendre à l’air ambiant par leur évapotranspiration  une fraîcheur souhaitée dans les épisodes de canicule, sans être entendue. Vous me voyez donc ravie de la proposition de réflexion sur l’impact des matériaux de voirie.

Pour ce qui est des pratiques agricoles, elles sont importantes pour une Métropole qui veut conserver son agriculture péri-urbaine, une agriculture paysanne de proximité qui puisse contribuer à réduire notre empreinte écologique. Cette proximité justement peut parfois mettre en péril notre écosystème urbain. Heureusement un certain nombre d’agriculteurs n’ont pas attendu pour mettre en place l’autonomie alimentaire de leurs élevages, une irrigation raisonnée et des cultures sans pesticides, aidés en cela par le Conseil régional précédent. Les mesures proposées vont dans le bon sens et aideront tous les autres au changement, je l’espère.

On pourrait rêver que toutes les communes s’attachent à réaliser à leur échelle leur propre plan climat. Il n’y a plus d’obligation désormais, mais Villeurbanne a réalisé son deuxième Plan climat air énergie territorial. Ce serait une manière d’être au plus près du terrain et des réalités des territoires. Ce serait sans doute une bonne manière de sensibiliser tous les acteurs de leurs territoires et notamment d’amener les habitants à prendre part à l’action sans qu’ils attendent tout de la collectivité alors que la réussite dépend aussi de la mise en œuvre individuelle. Un moyen de faire vivre l’atténuation comme l’adaptation au changement climatique.

La dimension « suivi » de ce plan climat est essentielle pour constater les avancées -ou les stagnations…- et mutualiser des pratiques sur le territoire.

Revenons au rapport de développement durable. La question de la biodiversité et du végétal dans les espaces métropolitains, de ses mille et un bienfaits, notamment de santé physique et mentale, n’a pas été oubliée et l’on soulignera  que 42 % de nature, c’est une moyenne, la tête dans le frigo et les pieds dans le four, des nécessaires terres agricoles à l’hyper centre minéral qui mérite un traitement particulier.  La place qui lui est consacrée ne peut que satisfaire l’adjointe au DD et à la Nature en ville que je suis.

Les trames vertes et bleues ne surgissent pas dans la ville. Les favoriser par une agriculture saine permettra de mieux les préserver en ville ou, parfois, de les réinventer, de les reconstituer car elles sont un élément indispensable à notre équilibre urbain et humain.

Et puis, les multiples facteurs environnementaux susceptibles, souvent de manière croisée ou cumulative, d’impacter la santé des populations fragiles seront pris en compte, intégrant les déterminismes sociaux.  Comme disait Thierry Philip dans cette enceinte pas plus tard que lundi, au Club du DD  « Mieux vaut être en bonne santé dans l’ouest lyonnais que malade dans l’est ». La Métropole autrement se réjouit de voir naître une véritable stratégie de santé-environnement, déjà à l’œuvre dans le Plan Oxygène qui démarre et dont on attend beaucoup ou le Plan de prévention du Bruit qui pourrait être un peu plus ambitieux quand on lit que 52 % seulement des Métropolitains vivent dans des zones calmes ou apaisées.

Enfin, le dispositif d’observation prévu que j’appelais de mes vœux l’an dernier lors de la présentation du précédent rapport de Développement durable nous donnera des éléments d’analyse et permettra de mesurer la capacité du territoire de notre Métropole à se développer de manière « durable » : empreinte écologique ou indice de développement humain seront évalués par une série d’indicateurs.

Une question demeure : quel sera l’appui de la Métropole aux partenaires locaux pour les accompagner dans leurs initiatives qui relèvent du développement durable ?

 Un rapport de développement durable a habituellement pour objectif de présenter les réalisations d’une collectivité et de ses partenaires-acteurs du territoire au prisme d’un développement que l’on souhaite « durable » ou « soutenable » au sens anglais du terme. Celui-ci se situe en amont et nous donne une séduisante méthode de travail pour l’avenir. Espérons que notre action à tous permettra de répondre aux attentes.

Je vous remercie de votre attention.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s