Délibération n° 2018-2712 PMI’e – Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi (PMI’e) 2016-2020 – Évolution du GIP Maison Lyon pour l’emploi en GIP Grand Lyon insertion pour l’emploi – Approbation d’un avenant à la convention constitutive du GIP et adhésion au nouveau GIP

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Intervention de Laura Gandolfi

Conseil de la métropole du 27 avril 2018

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les élus,

Depuis l’adoption du programme métropolitain d’insertion pour l’emploi, la Métropole développe une politique d’insertion ambitieuse.

Pour poursuivre la mise en œuvre du PMI’e, la Métropole fait le choix de faire évoluer la Maison Lyon pour l’emploi en une structure métropolitaine d’insertion pour l’emploi. Cette structure unique permettra le déploiement d’une offre d’insertion par l’entreprise.

Cette structure métropolitaine d’insertion pour l’emploi aura pour vocation à porter en particulier l’Axe 1 du PMIE et permettra de mobiliser des entreprises du territoire en faveur de l’emploi des publics qui en sont les plus éloignés, notamment des bénéficiaires du RSA. Cette structure jouera aussi une action de coordination des acteurs du territoire. L’animation de la communauté des professionnels du territoire doit ainsi accompagner l’objectif de dynamisation des parcours et d’évolution des modalités et outils d’accompagnement en proximité des territoires. Cette évolution vise ainsi à permettre la construction d’une offre de service en direction des demandeurs d’emploi éloignés de l’emploi.

Je me félicite du choix fait par la Métropole de créer sur la base du Groupement d’intérêt public pré-existant cette nouvelle structure intercommunale.

J’y vois plusieurs intérêts :

  • une équité territoriale sur l’ensemble de la Métropole. Il est important que certaines communes, concernées elles aussi par des enjeux importants de chômage de longue durée puisse bénéficier de cet outil métropolitain

  • un montée collective en compétence des partenaires de l’emploi et l’insertion sur les questions de relation aux entreprises et inversement une prise en compte des spécificités des publics en insertion dans leur chemin vers l’entreprise. Il ne suffit pas de parler de freins vers l’emploi pour que les personnes accèdent à l’emploi. Un accompagnement dans l’entreprise est souvent nécessaire. Et c’est ce lien de proximité et d’échange de pratique que va permettre le GIP qui peut donner une ambition nouvelle aux politiques d’insertion

C’est donc une bonne nouvelle. Cependant, je voudrais faire quelques observations concernant les perspectives d’évolution de cette structure.

Le premier point concerne la gouvernance au sein du GIP : les statuts prévoient un bureau, un conseil d’administration. C’est normal, mais il nous parait important que les choix en matière de politique d’insertion soient pris à la Métropole, et pas uniquement au sein d’une structure externe. La Métropole a annoncé la mise en place d’une instance de gouvernance dotée d’une assemblée plénière et d’un bureau stratégique. Il est essentiel que les grands choix stratégiques en matière d’insertion et que le pilotage reste bien à l’échelle de la Métropole et ne se déportent pas sur le GIP. C’est la collectivité qui doit assurer le pilotage politique, en tant chef de file de la politique d’insertion.

Le risque étant de réduire la politique d’insertion métropolitaine au seul premier axe du PMIE et oublier en particulier l’axe 2 qui est l’accompagnement socioprofessionnel nécessaire pour accompagner les publics vers l’emploi. Le PMIE comporte bien deux volets. Il faut aussi que la gouvernance des politiques d’insertion, en dialogue avec les communes respecte l’équilibre entre ces deux axes.

Sur la gouvernance toujours, il faut que les communes disposent d’une vraie place à la gouvernance du GIP et que le poids des populations se retrouve aussi dans les parts des communes dans la prise de décision au sein du GIP.

Le deuxième point concerne la répartition des financements européens sur les territoires. Aujourd’hui, la maquette financière est le fruit de l’investissement des communes dans les politiques d’insertion. En effet, les communes bénéficiant de fonds européens pour leur territoire sont celles qui ont également investi financièrement dans les politiques d’insertion dans une logique de contre-partie.

Nous savons aujourd’hui que la Métropole travaille sur le sujet, mais n’avons pas encore de réponses sur les clés de répartition de ces financements FSE sur les territoires. Si la logique d’équité territoriale prévaut avec la création de ce GIP Métropole – et c’est normal, les communes attendent des informations précises sur ce que devra être ou non l’engagement financier des communes en matière d’insertion.

Cette question n’est pas anecdotique car il existe de vraies inégalités dans les modalités de financement des partenaires de l’insertion qui accompagnent sur le terrain les personnes éloignées de l’emploi. Certains sont payés à hauteur de 400 euros la place quand d’autres tournent plus autour de 700. Cette différence est historique et bien souvent financée en complément par les communes. Un travail de mise à plat est nécessaire pour une véritable équité territoriale.

Le troisième point est celui de la territorialisation de l’action et la prise en compte des spécificités des organisations des communes avec un pilotage partagé Ville – Métropole de la conduite des politiques d’insertion. Nous avons initié récemment une conférence locale de l’emploi et de l’insertion, co-présidée par la Direccte, Valérie Glatard, ma collègue Agnès Thouvenot et moi-même en tant que présidente de CLI. Cette forme de coopération ou chacune des collectivités s’appuie sur le savoir-faire de l’autre me semble une très bonne voie pour rendre plus efficaces nos politiques d’insertion et les ajuster.

Enfin, le quatrième point et j’en finirai : la création du GIP va aller de pair avec la disparition du PLIE Uni Est. Même si nous avons eu des garanties et qu’un travail est en cours sur les ressources humaines de ces structures, il est impératif que cette évolution ne s’accompagne d’aucune remise en cause des emplois et que chacune des personnes trouve une solution d’emploi. La question de la plate-forme mobilité portée par Uni Est ne connaît pas aujourd’hui de proposition officielle de suite.

Nous voterons en faveur de la création de la structure métropolitaine d’insertion pour l’emploi, mais nous serons attentifs à la mise en place et au suivi de cette initiative.

Seul le prononcé fait foi.

 

 

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