Délibération n°2018-2695 – Dispositif d’incitation financière à l’acquisition de vélos à assistance électrique, de vélos cargos et de vélos pliants – Attribution d’aides pour l’année 2018

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Intervention de Damien Berthilier

Conseil de la métropole du 27 avril 2018

 

Monsieur le président,

Cher.e.s collègues,

Le rapport qui nous est présenté aujourd’hui est une bonne nouvelle. Insuffisant pour l’achat d’un vélo électrique, l’ajout des vélos pliants et vélos cargo est en revanche une très bonne chose. Il dénote d’une attention portée aux cyclistes, et je sais Monsieur le président, que vous y êtes attaché. Il faudra veiller à ce qu’elle touche les plus éloignés de la pratique »

Compte tenu de l’actualité, nous avons d’abord cru que le soutien aux vélos pliants visait à faciliter la circulation sur le cours Gambetta : des vélos réduits pour une bande cyclable amincie. Les vélos cargo pour la rue André Philip pour approcher le gabarit d’une voiture qui y a désormais seule la place.

Concernant le cours Gambetta, en élu consciencieux et désireux de mesurer les difficultés de mes concitoyens et la pertinence de nos délibérations, j’ai donc acquis récemment un vélo pliant pour faire ce parcours aventure. Ce n’est d’ailleurs pas le pire moyen de rejoindre aujourd’hui la Métropole depuis Villeurbanne depuis la fermeture de la trémie Pompidou et si l’on veut éviter les étroites trémies Paul Bert ou Félix Faure.

N’écoutant que mon courage qui ne me disait certes pas grand-chose, je me suis engagé prudemment sur cette voie aux allures d’une A6-A7 avant déclassement. Ou d’un boulevard Laurent Bonnevay après déclassement A6-A7. Pour un habitué, le cours Gambetta est méconnaissable. Il nous fait davantage voyager dans le temps que dans l’espace tant on dirait un plan de circulation dessiné par Louis Pradel, dont l’esprit visionnaire en la matière emplit encore aujourd’hui nos poumons.

Les voitures s’étalent désormais sur 3 voies, ne réduisant évidemment par leur allure, la 3e voie était une nouvelle opportunité de slalomer comme aux grandes heures de la rue Garibaldi. Pour les cyclistes les plus entraînés, une lutte inégale s’amorce sauf à apprécier le contact peu convivial de la carrosserie sur le mollet ou du rétroviseur sur le poignet. Les plus habiles expireront le maximum d’air et descendront le cours en apnée pour gagner les quelques centimètres de largeur qui peuvent faire la différence. Les plus audacieux s’installeront en amazone sur la selle afin de s’adapter à la nouvelle morphologie de la route.

Même en ayant réussi à passer dans cet étroite bande, il faut encore contourner les véhicules stationnés sur la piste cyclable, autrement poétiquement appelés les GCUM dont la bienséance m’interdit ici de dérouler les mots, mais qui ne signifie pas Garé Comme Un Métropolitain (encore que!). Il faut éviter de penser à la portière ouverte brutalement et dont le design intérieur n’a pas tout à fait le charme d’un édredon molletonné. Rassurez-vous, si je suis devant vous pour vous relater cette périlleuse épreuve, c’est que je m’en suis bien sorti. Mais l’envie de réemprunter cet itinéraire dans les 24 prochains mois m’a assez subitement passé, comme pour malheureusement beaucoup des 3800 cyclistes jour qui pourraient être tentés de descendre du vélo.  Et toute la métropole n’a pas envie d’être en marche …

La Métropole de Lyon est clairement engagée dans une politique cycliste ambitieuse. Mais cette décision montre que le tout voiture est encore culturellement ancré ici. Lorsqu’il y a un grand projet comme celui de la Part-Dieu, on pense d’abord aux nuisances de chantier pour le trafic automobile avant d’envisager celui pour les vélos. « En même temps » c’est un joli slogan, mais il y a quand même beaucoup de sujets sur lequel c’est inopérant, car cela signifie une absence de choix clair. Je suis certain que le rendez-vous programmé prochainement avec les associations permettra de trouver une solution mais il eût été préférable qu’on n’écornât pas l’image d’une métropole cyclable. Car si les vélos peuvent être pliants, les cyclistes eux, ne sont pas pliables !

Seul le prononcé fait foi.

 

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