Intervention de Jean-Paul Bret concernant l’attribution d’une subvention à la Maison de l’emploi et de la formation de Lyon et à la Ville de Villeurbanne

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Intervention de Jean-Paul Bret

Conseil métropolitain du 9 juillet 2018

 

Délibération n° 2018-2911 Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi (PMI’e) 2016-2020 – Attribution d’une subvention au groupement d’intérêt public (GIP) Maison de l’emploi et de la formation de Lyon et à la Ville de Villeurbanne pour la mise en oeuvre d’une mission de liaison entreprise emploi – Année 2018

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les élus,

Je tiens tout d’abord à saluer le travail d’UNI EST. Durant vingt-cinq ans, ils ont accompagné vers l’emploi et les formations les personnes les plus éloignées, sur plusieurs communes. Sur l’année 2017, ce sont 4614 personnes qui ont été accompagnées dans le dispositif PLIE, avec une moyenne 48 % de sorties positives à l’emploi. Ce sont des résultats très positifs qui sont salués par l’ensemble des partenaires. La dynamique d’UNI EST s’est poursuivie en 2018. Au premier trimestre 2018, 51 % des personnes accompagnées sur Villeurbanne ont retrouvé une activité. Ces excellents résultats doivent être soulignés.

La Métropole a fait le choix de faire évoluer la Maison Lyon pour l’emploi en une structure métropolitaine d’insertion pour l’emploi. La création du GIP métropolitain va aller de pair avec la disparition du PLIE Uni Est. La Métropole est légitime pour revoir les modalités des politiques d’insertion, en tant que chef de file de l’action sociale. En revanche, cette évolution engendre plusieurs inquiétudes.

Le premier point concerne l’expérience des PLIE sur les retours à l’emploi : comment la Métropole compte-elle garder la valeur ajoutée des PLIE, par rapport aux autres dispositifs d’accompagnement vers l’emploi ? Cette métropolisation du GIP ne doit pas faire disparaitre vingt-cinq années d’expérience sur l’est lyonnais.

Deux éléments forts des PLIE doivent demeurés :

  • l’intensité de l’accompagnement : au minimum vingt-quatre heures par personne accompagnée et par an.
  • La coordination des chargés d’orientation et d’insertion professionnelle. Cette coordination des professionnels de l’insertion est une vraie valeur ajoutée.

Le deuxième point concerne la gouvernance au sein du GIP : il nous parait important que les choix en matière de politique d’insertion soient pris à la Métropole, et non pas uniquement au sein d’une structure externe. La Métropole a annoncé la mise en place d’une instance de gouvernance dotée d’une assemblée plénière et d’un bureau stratégique. C’est la collectivité qui doit assurer le pilotage politique, en déterminant les grands choix stratégiques en matière d’insertion.

Le risque étant de réduire la politique d’insertion métropolitaine au seul premier axe du PMIE et oublier en particulier l’axe 2 qui est l’accompagnement socioprofessionnel nécessaire pour accompagner les publics vers l’emploi. Le PMIE comporte bien deux volets. Il faut aussi que la gouvernance des politiques d’insertion, en dialogue avec les communes respecte l’équilibre entre ces deux axes.

Sur la gouvernance toujours, il faut que les communes disposent d’une vraie place à la gouvernance du GIP et que le poids des populations se retrouve aussi dans les parts des communes dans la prise de décision au sein du GIP. Les communes doivent rester des acteurs incontournables des politiques d’insertion.

Le troisième point est celui de la territorialisation de la politique d’insertion. Les spécificités des organisations des communes doivent être prises en compte. La conduite des politiques d’insertion ne doit pas engendre une harmonisation unique au sein de la Métropole. L’accompagnement des personnes les plus éloignées de l’emploi doit rester au plus proche des territoires, et sur tout le territoire métropolitain.

Le dernier point concerne l’accompagnement au changement des acteurs de l’insertion. Le tissu associatif, très actif en matière de politique d’insertion, doit être associé à ce changement. Il ne faut pas créer un monopole de grosses associations dans le domaine de l’insertion.

Enfin, j’aimerai soulever une question technique qui n’est encore pas résolue : la continuité du service public. La Métropole avait réalisé une prouesse en 2015 en récupérant avec succès la gestion et l’attribution du RSA. Nous aimerions que la Métropole réédite cette prouesse avec l’accompagnement vers l’emploi, en n’oubliant aucun accompagné, aucun professionnel de l’insertion, aucun acteur local.

Nous demeurons attentifs à la mise en place de la future structure métropolitaine d’insertion pour l’emploi.

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