Intervention d’Anne Reveyrand concernant le Rapport développement durable 2018

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Conseil de la métropole du 10 décembre 2018

N°2018-3184 : Rapport Développement durable 2018

Intervention d’Anne Reveyrand

Monsieur le Président, chers collègues,

Le Développement durable n’était, il y a peu encore, plus un sujet « à la mode » ; on l’a, récemment, joliment caché sous le vocable de transition écologique. Mais l’actualité nous rappelle que cette notion inventée en 1987 par Bo Bruntland et la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, créée par l’ONU, garde toute sa pertinence. Les 5 défis énoncés auxquels doit formellement répondre ce type d’exercice qu’est un rapport de Développement durable, en disent long sur les préoccupations systémiques que doit avoir une collectivité. -lutte contre le changement climatique et la protection de l’atmosphère -préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources -qualité de ville /qualité de vie pour l’épanouissement de tous les êtres humains -cohésion sociale et solidarités entre générations et territoires -promotion des modes de consommation et de production responsables Préoccupations en système et non pas seulement celles des élus en charge du Développement durable ou de questions environnementales. Il faut à la Métropole veiller à faire vivre ces 5 défis dans chacune des actions de l’institution comme dans chacune des politiques mises en place au profit des citoyens, y compris le développement économique et l’urbanisme. C’est déjà plus compliqué mais c’est une nécessité afin que le bien-être humain, et celui du milieu vivant qui nous sert de monde, restent bien au coeur de nos préoccupations. Je vais me permettre une citation du rapport Bruntland, et pour les Villeurbannais présents, ce sera une redite de ce que j’ai pu dire au Conseil municipal où je présentais récemment notre rapport de Développement durable : « Nous n’avons qu’une seule et unique biosphère pour nous faire vivre. Et pourtant chaque communauté, chaque pays poursuit son petit bonhomme de chemin, soucieux de survivre et de prospérer, sans tenir compte des éventuelles conséquences de ses actes sur autrui. D’aucuns consomment les ressources de la planète à un rythme qui entame l’héritage des générations à venir. D’autres, bien plus nombreux, consomment peu, trop peu, et connaissent une vie marquée par la faim et la misère noire, la maladie et la mort prématurée ».

Il n’est pas possible de penser une situation écologiquement pérenne sans une meilleure répartition des richesses. Pour ne parler que de la France, qu’un ouvrier au SMIC gagne en 1 an ce que gagne, en 4 jours, un patron d’une grande entreprise française, ne peut le conduire à aller vers d’autres formes de consommation, qu’elle soit alimentaire (avec le vrac, le local, les circuits courts et le bio pour faire vite) de vêtements éthiques (même si aujourd’hui la déconsommation chez les jeunes s’estime à 34 % avec une demande de transparence sur la fabrication) ou de mobilité décarbonée alors que leurs choix de lieux de vie ont été conduits par des décennies de politiques d’aménagement erratiques.
7 fonctions territoriales sont envisagées dans ce rapport au regard d’une part des interactions entre l’homme et son environnement, son impact sur nos ressources locales et la soutenabilité écologique du territoire (mais on part de loin après des décennies de progrès où l’empreinte écologique était le dernier des soucis des villes comme des entreprises, et là, on ne s’étonne pas d’avoir perdu 13 parcs de la Tête d’Or entre 2000 et 2015, au profit surtout de zones d’activité), d’autre part des interactions entre l’homme et la société (la déscolarisation des jeunes citée ici comme étant plus faible qu’ailleurs sur le territoire français est toujours trop importante dans une société censée conduire chacun vers un niveau inclusif d’éducation, de socialisation et d’accès à la formation vers une profession).

Quand le rapport reprend les différentes fonctions, pour celle d’habiter, on se rend compte que l’écorénovation des logements ne représente un gain aujourd’hui que de 23 kt de CO2 / an, alors que le gisement est estimé à 225 kt /an. Comment passer à la vitesse supérieure, au-delà des dispositifs d’aide mis en place par la Métropole et certaines communes ?

Pour « se déplacer », si la mobilité automobile a diminué de 34 % sur Lyon-Villeurbanne, c’est parce que les transports en commun y sont plus présents qu’ailleurs. Les transports en commun doivent être une priorité pour des communes qui ne sont pas en cœur d’agglo et le réseau de pistes cyclables doit s’y développer au même rythme.

La fonction « alimenter » : on sait depuis longtemps que l’autosuffisance alimentaire des villes est un leurre et que les territoires d’agriculture péri-urbaine représentent un beau réservoir nourricier mais aussi un poumon pour les citadins. Quand on dit qu’il convient de rapprocher consommateur et producteur, la distance est certes importante mais la réduction des intermédiaires l’est tout autant.

L’élaboration d’une stratégie alimentaire par la Métropole, que les communes appellent de leurs voeux, en fort lien avec la question de la santé, aura un effet direct sur la durabilité des exploitations agricoles.

Autre point : une stratégie santé environnement est désormais nécessaire car les ALD sont en augmentation sur la Métropole et cette tendance va à l’encontre de celle observée en Franc : recul des maladies infectieuses et augmentation des maladies chroniques (diabètes, maladies cardiovasculaires et cancers). Protéger les individus de leurs propres comportements souvent induits par l’accession des années 60 à une consommation de masse, à des marqueurs sociétaux mais aussi savoir les protéger de grands dommages environnementaux générés par nos activités. Ainsi la réduction de la vitesse sur le périphérique, tout comme la ZFE auront des effets bénéfiques sur les populations iimpactées comme le démontrait l’étude d’impact en santé réalisée aux Buers à Villeurbanne.

Je ne reviendrai pas sur l’intérêt de l’ESS ou de l’économie circulaire : globalement la transition écologique est censée générer des ressources sur les territoires. Quand on lit dans le paragraphe « se ressourcer » que le quart de la population réside dans un quartier faiblement végétalisé, je me dis que pour les Grands-Lyonnais, les parcs tombés en gestion de notre collectivité avec la création de la Métropole sont indispensables à nos habitants et que le Grand Parc Miribel Jonage joue un rôle stratégique dans cette fonction de loisirs et d’accès à la nature pour des populations qui ne disposent pas de grands espaces de nature en proximité. La fonction récréative qu’il offre sera-t-elle à l’avenir mieux prise en compte ?

L’Observatoire métropolitain du développement durable constitue un bel outil très structuré. Le mérite d’un tel outil, c’est de pouvoir suivre les nombreux indicateurs dans le temps et leur évolution. Par ailleurs, la mise en regard d’éléments que l’on n’aurait, il y a peu, pas forcément confrontés est intéressante et majeure aujourd’hui pour le pilotage des politiques de la Métropole, même si les interactions restent difficiles à constater par anticipation. Espérons qu’il devienne un outil vivant pour l’aménagement de notre Métropole.

Je vous remercie de votre attention.

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

*rapport « Our common future », Notre avenir à tous, dit rapport Bruntland, de, qui a formulé un ensemble de recommandations et abouti à la Conférence mondiale de Rio sur l’Environnement et le développement en 1992.

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