Intervention de Laura Gandolfi concernant les conventions de partenariat avec Pôle emploi

cropped-couverture1-e14894030686171.jpg

Intervention de Laura Gandolfi

Délibération n°2018-3157 – Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi (PMI’e) 2016-2020 – Convention de partenariat avec Pôle emploi – Convention portant mise à disposition mensuelle de listes de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) demandeurs d’emploi – Convention relative aux modalités d’échanges de données en matière d’orientation et d’accompagnement

Conseil de la métropole du 10 décembre 2018

 

Monsieur le Président, chers collègues,

Cette délibération nous donne l’occasion de saluer la convention qui nous est présentée et qui devrait permettre un meilleur suivi pour un retour à l’emploi plus important. Il est un peu regrettable d’avoir attendu un plan pauvreté pour mettre en place des outils que nous vous avions déjà proposés.

En 2013 lors de l’élaboration du plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale la question de l’accompagnement social et professionnel des publics en insertion a été placée au centre des débats, et une feuille de route avait été définie : elle concluait à la nécessité de donner une nouvelle impulsion à l’articulation des acteurs qui sont au cœur de l’élaboration et de la mise en œuvre de ces politiques.

En 2016, lors d’un conseil métropolitain notre groupe  vous disait  ceci :

« Dans le cadre de cet accompagnement global les bénéficiaires du RSA sont suivis par 2 référents : un référent Pôle emploi affecté à ce programme et un référent social rattaché à la MDM.

Or lors de la dernière réunion de la CLI que je préside à Villeurbanne le portefeuille des conseillers Pôle Emploi permettait des disponibilités pour l’accueil de bénéficiaire RSA mais cela n’a pas été possible car le référent social (en l’occurrence Aralys mais il en va de même pour d’autres référents comme les Amis de la Rue, les maisons sociales, etc..) n’est pas directement rattaché à la Métropole. Cette restriction est dommageable à l’accompagnement vers plus de bénéficiaires et nous souhaiterions que vous puissiez ré-examiner la convention et si possible, par voie d’avenant, en prévoir sa modification »

Aujourd’hui, en 2018 à chaque instance de médiation je déplore que ne nous soyons pas en mesure d’orienter vers l’accompagnement global et ceci parce que le dispositif présente des imperfections. En effet, dans le cadre de l’accompagnement global nous devons avoir l’adhésion du bénéficiaire du RSA et le recours au référent social est de sa propre initiative. Comment pouvons-nous laisser à un demandeur d’emploi, en fracture avec un environnement social et professionnel de prendre de telles initiatives.

Nous pensons qu’il nous faut inverser le mode de raisonnement. Nous devrions considérer que tout bénéficiaire du RSA est employable et dès son entrée dans le dispositif le mettre en recherche d’emploi avec un référent pôle emploi en même temps (expression à la mode)  qu’un référent d’accompagnement social de la métropole. Les entretiens devraient être tripartites pour parler emploi et des entretiens avec la seule présence du référent social devraient aussi être prévus pour permettre aux bénéficiaires du RSA qui auraient des problèmes périphériques de pouvoir le faire en toute confiance.

En juin 2018 il y a eu une réunion entre agents de la métropole et du pôle emploi lors de cette rencontre :

–           Il a été proposé une co animation d’informations collectives,

–           Des fiches de liaison ont été élaborées pour permettre aux agents de la métropole d’envoyer des demandes de diagnostics pour des accompagnements ACCO GLO : elles ont été très peu utilisées,

–           Des propositions d’entretiens tripartites avaient été évoquées : ceci n’a pas été acté

–           Des immersions croisées réalisées par les travailleurs sociaux – conseillers Pole emploi – ACCO GLO, non réalisées également.

Le coordonnateur de Liaison Emploi Entreprise qui a été nommé dans notre commune m’a fait part du peu de retombées sur les offres d’emploi qui figurent sur la plateforme car ces bénéficiaires du RSA éloignés depuis des années de rupture doivent être épaulés non seulement pour rédiger un CV mais pour être accompagné dans l’entretien puis dans les premiers mois de son emploi.  (ceci se fait mais reste très marginal).

Si ces propositions n’ont pas été suivies d’effet, ce n’est pas un problème de volonté de ne pas faire de la part des services de la métropole mais d’un manque criant de moyens. En effet, depuis 2014, en tant que présidente de CLI  j’ai pu constater la charge et la pression qui pèsent sur ce service ce qui ne permet pas une disponibilité pour mettre en place d’autres actions. L’organisation de CLI plénières est toujours très compliquée alors qu’elles sont l’occasion de faire se réunir des acteurs dont l’objectif est le même et surtout de partager des pratiques et des informations.

Enfin on pourrait déplorer l’absence d’investissement du milieu économique malgré un arrêté qui prévoyait leur présence.

Il est difficile de constater à chaque instance de médiation que des bénéficiaires sont dans le dispositif depuis des décennies pour certains, c’est à dire dès l’âge de 25 ans. Certes il y a parmi eux des parcours de vie qui expliquent cette situation (délinquance, maladie, contraintes familiales pour de nombreuses femmes qui ne trouvent pas de structure rapidement pour la garde de leurs enfants ou qui n’auraient aucun gain une fois déduits les frais périphériques : transports, garde,..) mais je pense aussi que nos politiques sont inadaptées.

Nous ne pouvons aussi passer sous silence les temps beaucoup trop long d’entrée dans un dispositif après le dernier emploi. Il peut se passer jusqu’à 6 mois entre le dossier déposé à la CAF et le 1er entretien.

Le groupe La métropole Autrement souhaite que les moyens dégagés à l’occasion du Plan national de pauvreté permettent une remise à plat de nos pratiques et donner des moyens humains aux services en charges du retour à l’emploi.

Avant de conclure, je voudrais dire qu’une information récente fait apparaître que l’accompagnement global augmente le taux de retour à l’emploi durable de 27% au cours des 6 mois qui suivent l’entrée dans le dispositif.

Je vous remercie de votre attention.

SEUL LE PRONNONCÉ FAIT FOI

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s