Intervention de Claire Le Franc concernant le dispositif d’accueil et d’accompagnement de mineurs par un tiers en protection de l’enfance

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Conseil de la Métropole du 18 mars 2019

Délibération n°2019-3367 : Dispositif d’accueil et d’accompagnement de mineurs par un tiers en protection de l’enfance

Claire Le Franc

Monsieur le président, cher(e)s collègues,

Cette intervention est faite au titre des groupes La Métropole Autrement et Socialistes et apparentés.

L’accueil par des tiers de jeunes mineurs est une nouvelle possibilité dont nous doterons notre collectivité. Ce type de dispositif existe ailleurs, dans d’autres départements, et nous pouvons voire même devons, tirer bénéfice de leur évaluation.

Nous souhaitons mettre l’accent cette après-midi sur quelques points car l’accueil est un acte important, fondement même de l’inclusion.

Les tiers accueillants mais aussi les parrains ou marraines, s’engagent, et nous permettent de diversifier les formes d’appui aux jeunes mineurs, c’est une bonne chose pour certains qui n’ont connu que des structures collectives ou pour d’autres qui sont à la rue.

Ce dispositif est le moyen d’élargir les horizons de tous, ce qui signifie changer les regards des uns et des autres, décloisonner les silos que nous contribuons tous à mettre en place.

Le suivi des jeunes est de la compétence de notre collectivité et elle le fait depuis des années en fonction des moyens dont elle se dote.

Mais notre institution doit elle aussi faire un pas de côté par rapport à ses habituelles pratiques car l’accompagnement des accueillants, devient alors de sa responsabilité et cela nécessite une vraie mission.

Nous savons que les besoins des jeunes de sortir même ponctuellement des structures collectives sont importants. Cette possibilité leur permettra de toucher une autre réalité mais face à leurs fragilités nous avons le devoir d’assumer et si je puis me permettre d’assurer.

Si le « contrôle » des accueillants et de leurs interventions sont décrits dans la délibération, et sont essentiels, il me semble que nous pouvons et devons aller au-delà.

Aller plus loin si nous souhaitons être à la hauteur des besoins des accueillants mais aussi des accueillis, pour ne pas accroître les fragilités ou les situations de précarité comme le relève les rapports d’évaluation d’autres départements : familles accueillantes précarisées, concentration géographique des hébergements…

Le soutien aux accueillants doit donc être organisé pour qu’ils se sentent étayés s’ils en ressentent la nécessité, si des interrogations se font jours car les failles des uns rejailliront sur les autres. Mettons en place des lieux d’appui, d’écoute des accueillants, aidons les à s’informer, se former s’ils le souhaitent.

Prendre appui sur les volontés citoyennes, reconnaître que chacun a sa place dans la mise en œuvre des solidarités, c’est une réelle plus-value dans notre société.

Dans la Métropole un certain nombre de collectifs citoyens ont permis l’accueil de mineurs non accompagnés chez des particuliers. Des citoyens se sont substitués aux carences des institutions pour ne pas laisser ces jeunes à la rue. Ces collectifs ont fait et font entendre leur voix et ont permis de faire bouger quelques collectivités.

La place que nous leur accordons doit donc bien s’additionner à celle de notre collectivité, ne pas se substituer à notre obligation d’accueil et d’inclusion.

Notre responsabilité est grande, des débats réguliers, déjà demandés, de notre politique de solidarité sont plus que nécessaires.

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