Intervention de Damien Berthilier concernant le Plan d’actions pour les mobilités actives (PAMA)

cropped-couverture1-e14894030686172.jpg

Intervention de Damien Berthilier

Conseil métropolitain du 18 mars 2019

Délibération n°2019-3337 – Plan d’actions pour les mobilités actives (PAMA) – Travaux d’aménagement pour l’extension du réseau cyclable structurant –
Extension de l’offre de stationnement sécurisé vélo sur le réseau des transports en commun lyonnais (TCL)

Monsieur le président,

Chers collègues,

Cette délibération illustre le volontarisme que notre métropole mobilise dans la place du vélo. Les chiffres attestent d’une réalité : le vélo connaît un essor conséquent qu’il est désormais très facile de constater dans nos rues, où certaines pistes cyclables connaissent désormais… des bouchons !

Pourtant, on sent toujours comme un parfum de modération sur le sujet, comme si l’ombre du tout bagnole des années 1960/70 portait toujours un peu sur notre métropole. Il faut s’arrêter quelques instants pour mesurer à quel point l’utopie automobile a imprimé notre façon de concevoir la ville.

Le vélo mérite pourtant en 2019 la même audace qu’il a fallu pour inventer les monstres de béton qui ont permis de faire passer une autoroute au milieu de la ville dans l’espoir que cela donnerait l’envie à des personnes de s’y arrêter.

Le vélo, enfin devrais-je dire, les vélos tant les formats se diversifient, mérite une politique d’ensemble qui n’exclue personne. Car oui, il existe de nombreux freins, mais ceux-ci sont souvent présentés pour justifier le fait que rien ne peut remplacer la voiture.
Le vélo serait un symbole de la gentrification ? C’est déjà faux, mais surtout c’est un contresens historique. Regardez les photos du début du XXe siècle, les sorties d’usines où les ouvriers ont un vélo à la main. Certes, ils ont été entre-temps chassés des centres-villes et l’éloignement a été possible essentiellement grâce à la voiture. Aujourd’hui, nombre de nos concitoyens sont piégés par la dépendance à un véhicule qui représente un gouffre financier alors que les prix des logements continuent de s’envoler. C’est d’abord pour eux qu’il faut une politique ambitieuse : intermodalité, transports en commun et voies cyclables de banlieue à banlieue, l’apprentissage du vélo dès le plus jeune âge et tout au long de la vie, car il ne faut pas oublier que de nombreux habitants ne savent pas faire du vélo.

La place de plus en plus grande des associations dans le débat public a permis des améliorations notables. Car il faut se mettre à la place du cycliste pour comprendre qu’un rond point comme celui du Totem ne se prend pas gentiment sur une bande latérale qui oblige à s’arrêter à chaque intersection, mais au milieu, là où l’on est visible; Qu’une bande cyclable qui oscille entre route et trottoir en gardant les 5 centimètres d’écart de hauteur qui font sauter la roue peut devenir un enfer mal pavé de bonnes intentions ; Qu’une rupture de piste peut avoir le même effet d’écart de trajectoire que la minuterie trop courte de l’éclairage d’un urinoir.

Pendant un siècle, on a méthodiquement exclu les piétons et les cyclistes des rues de nos villes. Il ne s’agit finalement que de leur redonner toute leur place. Pas en faisant à partir de l’existant, mais en repensant l’ensemble. Les cyclistes ont aussi droit à la sécurité. Celle de leur bien, malheureusement trop souvent volé. Le développement de parcs sécurisés partout en ville est un impératif. La sécurité de leur propre intégrité menacée trop souvent par certains conducteurs qui agissent en toute impunité : menaces, coups, renversement volontaire, négligence de conduite qui parfois tue. Agir pour le vélo en ville, c’est aussi protéger les piétons, protéger les enfants, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, enfin tous ceux qui ont encore trop le sentiment que la ville est trop dangereuse pour eux.

Ce n’est pas simplement le nombre de km de voies qu’il faut prendre en compte, c’est la globalité d’une politique, son sens profond. Les investissements cyclables qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros paraissent en effet bien dérisoire en regard des 3 milliards d’euros que nous dépenserions pour un projet d’Anneau des sciences, sur lequel on peut dire ce que l’on veut, mais qui est contraire au sens de l’Histoire et n’est pas finançable ! Par rapport aux 1,3 millards pour un métro E qui va obérer une grande partie de la capacité d’investissement du Sytral sans réfléchir sérieusement aux
nombreuses alternatives possibles – y compris pour l’ouest lyonnais – et pendant que Vaulx-en-Velin vit de la promesse non écrite d’un tramway !

De l’audace donc, et, pour reprendre le gimmick de notre dynamique collègue Pierre Hémon, que roule Raoul !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s