Intervention d’Anne Reveyrand concernant le Plan métropolitain santé-environnement 2019-2026

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Intervention d’Anne Reveyrand

Conseil de Métropole du 30 septembre 2019

Délibération 2019-3786 – Plan métropolitain santé-environnement 2019-2026

 

Monsieur le Président, chers collègues,

Aujourd’hui, on vit plus longtemps mais en plus mauvaise santé. Les maladies chroniques ont supplanté les maladies infectieuses et sont à 80 % la cause des décès.

Après Lubrizol à Rouen et le Tribunal administratif de Lyon, saisi par une Villeurbannaise, qui reconnaît la faute de l’Etat concernant les insuffisances du PPA de l’agglomération lyonnaise, la semaine dernière, il y aurait beaucoup à dire. Je ne redirai pas ce qui a été dit avant moi par Thierry Philip et d’autres avant moi et auquel nous souscrivons.

Je pense sincèrement que la question de la santé environnementale finira par être intégrée à la façon d’envisager la santé, causes et traitements curatifs et prévention, tant sont importantes les corrélations entre désordres de l’organisme et causes environnementales (qualité de l’air, perturbateurs endocriniens divers…). Considérer aujourd’hui une seule santé dans l’action des pouvoirs publics. Il faut bien aujourd’hui admettre que les maladies chroniques sont liées à notre mode de vie, de production et de consommation, tant nombre de maladies doivent à ce jour être considérées à travers ce prisme.

Au plan communal, je prends l’exemple que je connais bien, celui de Villeurbanne, le Contrat local de santé intègre la question environnementale.

Le plan qui nous est proposé a le mérite de rendre lisible un certain nombre d’actions menées sur d’autres fronts et leur donne une cohérence en terme de santé. Il faut aujourd’hui aller nécessairement vers une approche interdisciplinaire de la santé.

Des actions très diverses sont proposées : depuis la formation des personnels des crèches, des actions collectives dans les MDM vers les publics accueillis, des kits de mesure de radon, jusqu’à la généralisation des études d’impact en santé (EIS).

Les préoccupations concernant les risques sanitaires liés à l’environnement sont vives dans les sociétés modernes, et en particulier dans les pays européens. De ce fait, le domaine prend une importance politique majeure. Les décideurs, pour fonder rationnellement leurs choix, les citoyens et tous les acteurs, pour pouvoir débattre de manière utile et constructive, ont besoin d’avoir un accès facile et fiable aux meilleures connaissances disponibles.

Il nous faut nous poser des questions méthodologiques, en particulier autour de la collecte des données jusqu’à la diffusion d’indicateurs, ainsi que des questions éthiques inhérentes. Des pistes d’amélioration doivent être identifiées pour disposer d’outils d’aide à la décision pouvant contribuer au développement d’une « seule santé » et pour exercer le principe de précaution.

Les EIS dans les projets d’urbanisme y contribuent et parce qu’elles peuvent être participatives peuvent donner au citoyen une capacité à agir sur sa santé. Nous en avons conduite une première à Villeurbanne, il y a 4 ans déjà, dans un quartier politique de la ville, Les Buers, et ce fut riche d’enseignements mais aussi de mobilisation des familles.

Car l’état de santé d’une population, son bien-être, résulte d’interactions complexes entre plusieurs facteurs d’ordre socioéconomique, environnemental et individuel. Réduire les inégalités de santé implique l’identification et la caractérisation des facteurs sociaux et des facteurs de risque environnementaux et du cadre de vie afin d’interpréter la façon dont ils se cumulent sur un territoire donné.

Il convient de se poser la question des déterminants de santé et d’aller vers ce qu’on appelle un universalisme proportionné, une équité territoriale et non pas une égalité de tous mais tout pour tout le monde.

La Métropole doit être un lieu des solidarités territoriales. Il nous faut systématiser les EIS dans les projets d’urbanisme, mais pas seulement ; également pour conduire des actions correctives sur les territoires, telles que celle de l’abaissement de la vitesse de circulation sur le périphérique, la végétalisation et la facilitation des mobilités actives dans lesquelles je compte bien sûr la marche à pied, pour construire une ville durable.

Je poserai aussi la question de la place des commues dans ce plan, qui n’apparaît pas clairement. Comment s’articulent les actions des communes en termes de personnes âgées, d’éducation du grand public, d’enfance, de restauration collective avec celles de la Métropole ? Comment s’intègre le Plan métropolitain de santé environnementale dans les Contrats locaux de santé des communes ?

Le groupe La Métropole autrement votera bien évidemment ce rapport. Je vous remercie de votre attention.

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