Intervention d’Anne Reveyrand concernant l’adoption du plan climat air énergie territorial (PCAET)

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Conseil de Métropole du 16 décembre 2019

Délibération 2019-4006 : Adoption du plan climat air énergie territorial   (PCAET) – Demande du label Cit’ergie

Intervention d’Anne Reveyrand

Monsieur le Président, chers collègues,

Je parlerai au nom des groupes Socialistes et apparentés et La Métropole autrement.

Les plans en cours, tant en matière de qualité de l’air que déplacements urbains, de Schéma directeur des énergies que nous avions adopté en mai 2019, concourent à l’élaboration du Plan climat air énergie de la Métropole.

Le Schéma directeur des énergies est une pièce majeure de réduction des polluants de l’air, mais aussi de réduction de la dépendance à des énergies primaires fossiles largement importées, tout comme de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Aller vers un service public de la performance énergétique de l’habitat pour porter le dispositif EcoRénov à 100 000 rénovations d’ici à 2030 est louable. C’est une belle montée en puissance, surtout si l’on imagine qu’il incite autant de propriétaires privés à procéder à des rénovations -en dehors du dispositif EcoRénov-, par simple effet modèle, et que l’on arrive ainsi aux 200 000 annoncés. Ce n’est pas gagné. Pour cela, l’animation du dispositif est majeure et pour cela, il ne faudra pas oublier les moyens financiers nécessaires.

Je reviendrai sur l’efficacité énergétique dans l’activité économique. L’industrie a très vite compris son intérêt à réaliser des économies d’énergie pour une meilleure compétitivité. Il reste, d’ailleurs, encore des valorisations importantes d’énergie de process industriel à mettre en œuvre.

 Mais pourquoi s’éviter de travailler sur les petites entreprises qui constituent un tissu important en milieu urbain, notamment pour la rénovation de leur bâti : objectif affiché de 25 % du petit bâtiment tertiaire seulement alors qu’on est à 50 % sur les grands bâtiments ?

Par ailleurs, pourquoi être si modeste sur le recours à l’énergie solaire. Multiplication par 10 pour le photovoltaïque ou par 5 pour le thermique quand on part de quasiment rien, ce n’est vraiment pas grand chose…

Atteindre un territoire « zéro fioul » d’ici 2030 est un bel objectif, il faudra s’en donner les moyens car il s’agit d’une rupture pour nombre de particuliers comme de copropriétés. Il faudra aussi mettre l’accent sur la conversion des chauffages au bois, entamée et qui ne se fait pas très vite, notamment sur les communes en zone rurale de la Métropole.

Sur la question des transports, je suis beaucoup plus optimiste car les conversions, que ce soit à une voiture plus propre ou à un autre mode de transport sont déjà dans les esprits et correspondent à une tendance des modes de vie. En effet, le déplacement s’assimile à un usage, plus facilement que le logement perçu comme un bien individuel, ni partagé, ni visible.

La Métropole a adopté nombre de documents guides en matière de transition écologique, depuis 2012. Depuis le premier Plan climat énergie territorial, ont été adoptés le Plan oxygène, le cadrage d’une démarche finances et climat, le SDE… Le résultat ? La baisse des émissions de gaz à effet de serre, comme celle de la consommation d’énergie depuis 2000, combinée avec une augmentation du recours aux énergies renouvelables et de récupération montrent que le chemin d’une politique énergétique est possible.

Ce nouveau Plan climat cadre la stratégie pour la période 2010-2030 et pour le territoire du Grand Lyon. Sous l’impulsion et la coordination de la Métropole, il a donc vocation  à mobiliser tous les acteurs du territoire.

Dans PCAET, il y a un T qui est majeur. Territorial. Et c’est là que les choses se compliquent. Pour avoir élaboré un PCAET au plan communal pour Villeurbanne, il est « relativement » facile de structurer l’action de la collectivité et de se donner des objectifs sur un patrimoine que l’on contrôle. En revanche, animer un territoire en vue d’une transition énergétique, c’est une autre paire de manches, toutes les communes le savent. La mobilisation des différents partenaires du territoire, demande un travail de fond et de tous les instants.

Les objectifs de ce plan, à horizon 2030, intensifient les efforts, avec :

– la baisse de 30 % des consommations d’énergie finale entre 2000 et 2030,

– la baisse de 43 % des émissions de gaz à effet de serre entre 2000 et 2030,

– un taux de 17 % d’énergies renouvelables et de récupération pour les besoins énergétiques du territoire,

– une amélioration de la qualité de l’air pour tous les polluants prioritaires par rapport à 2000.

Ces objectifs sont-ils suffisants ? Non car  il faut accélérer drastiquement la transition écologique. Un exemple : si les émissions de gaz à effets de serre suivent ce que prévoit le PCAET, notre territoire n’attendrait même pas la neutralité carbone en 2050. Il faudra nécessairement aller plus loin, sur les transports, l’isolation des logements et bâtiments publics, sur les exigences envers les industries…

300 000 arbres en 10 ans et 500 ha de surfaces déconnectées du réseau d’assainissement, pour le coup, l’adoption d’une stratégie d’adaptation semble ambitieuse. Mais reste à être ramenée au terrain en divisant le total impressionnant de 30 000 arbres d’alignement par an, par les 59 communes de la Métropole et ramenée au linéaire de rues gérées par la Métropole.

Par ailleurs, le tableau de la page 3 est exemplaire et on ne peut que l’admirer. Il présente 23 actions cadres vertueuses réparties en 5 axes principaux : de citoyenneté, d’exigence auprès du monde de l’entreprise, d’aménagement durable et solidaire, de mobilité décarbonée, de territoire en lien avec ses ressources.

Les financements nécessaires à ces 23 actions suivront-ils ? La rénovation des logements sociaux, l’isolation des habitations privés, l’amélioration de l’attractivité des transports collectifs, la promotion d’une industrie sobre en carbone sont des ambitions nobles, mais seuls des financements concrets permettront des résultats, notamment dans le contexte actuel d’une démobilisation des puissances politiques comme on l’a vu lors de la COP 25.

Je terminerai sur ce point.

Les deux groupes au nom desquels je me suis exprimée, Socialistes et apparentés et La Métropole autrement, voteront ce rapport.

Je vous remercie de votre attention.

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